Après avoir consolidé leur partenariat énergétique, l’Algérie et l’Italie poursuivent le renforcement de leur coopération dans les domaines de la sécurité et de la gestion des flux migratoires.
La visite de travail qu’effectue, depuis hier, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, à Rome, s’inscrit dans cette dynamique de concertation permanente entre les deux pays.
Accompagné d’une importante délégation de haut niveau, le ministre algérien doit rencontrer son homologue italien afin d’examiner plusieurs dossiers d’intérêt commun, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur. Si aucun détail n’a été communiqué sur l’ordre du jour, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une intensification des échanges entre Alger et Rome sur les questions sécuritaires, migratoires et de stabilité régionale.
Ces dossiers occupaient déjà une place importante lors de la visite en Algérie, en mars dernier, de la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni. À cette occasion, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait mis en avant la qualité de la coordination entre les deux pays dans la lutte contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains, le terrorisme, la criminalité transfrontalière ainsi que les différents défis sécuritaires en Méditerranée.
Le chef de l’État avait également insisté sur la convergence des vues entre Alger et Rome concernant la situation au Sahel, région confrontée à une dégradation persistante de la sécurité. Évoquant les conclusions de la Conférence Afrique-Italie tenue à Addis-Abeba, il avait souligné la volonté commune des deux pays de relever les défis liés au terrorisme et à la criminalité organisée, considérés comme des menaces directes pour la stabilité de l’Afrique et du bassin méditerranéen.
De son côté, Giorgia Meloni avait salué le «rôle pivot» joué par l’Algérie dans la promotion de la paix et de la stabilité au Sahel, réaffirmant le soutien de l’Italie aux efforts algériens en matière de lutte contre le terrorisme. La responsable italienne s’était également félicitée des résultats de la coopération bilatérale dans la lutte contre la migration irrégulière.
Elle avait rendu hommage aux efforts déployés par l’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, pour combattre les réseaux de traite des êtres humains et endiguer les flux migratoires clandestins, qualifiant la coopération entre les deux pays dans ce domaine d’« exemplaire ».
Au fil des dernières années, Alger et Rome ont progressivement élargi leur partenariat au-delà du secteur énergétique. Les deux capitales multiplient les mécanismes de concertation sur les questions de sécurité, de contrôle des frontières, de lutte contre les réseaux criminels et de stabilisation de l’espace méditerranéen et sahélien, des enjeux devenus centraux dans leurs relations bilatérales.
Défis communs
Début mars dernier pour rappel, et chargé par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, Saïd Sayoud, s’était rendu en Italie, accompagné du Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), M. Ali Badaoui, et d’une importante délégation.
Cette visite, entamée par M. Sayoud à l’invitation du ministre italien de l’Intérieur, M. Matteo Piantedosi, «s’inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat algéro-italien et du développement des mécanismes de coordination et de coopération dans les domaines sécuritaire et technique d’intérêt commun», précisait alors un communiqué du ministère.
Lors d’une séance de travail avec son homologue italien, les deux parties ont examiné «les moyens de renforcer la coopération entre l’Algérie et l’Italie, notamment dans les domaines liés à la sécurité et à la coordination entre les instances compétentes dans les deux pays». Les entretiens ont porté sur «plusieurs axes d’intérêt commun, dont les moyens de bénéficier de l’expérience italienne en matière de lutte contre la cybercriminalité, le renforcement de la coordination pour faire face au phénomène de la migration clandestine, l’intensification de la coopération policière et l’échange d’expertises entre les organes sécuritaires des deux pays», selon le communiqué.
Les entretiens ont également porté sur «les moyens de renforcer la coopération dans le domaine de la Protection civile, notamment à travers l’organisation de cycles de formation et l’échange d’expertises en matière de prévention et de lutte contre les feux de forêt, en vue de contribuer au développement des capacités d’intervention et de réponse aux différents risques».
Cette nouvelle visite de Saïd Sayoud devrait ainsi permettre de consolider cette coopération, à un moment où les défis sécuritaires et migratoires demeurent parmi les principales préoccupations communes des deux rives de la Méditerranée.
Elle confirme également la volonté des deux pays de maintenir un dialogue politique étroit sur les dossiers stratégiques, illustrant une relation que Giorgia Meloni résumait en mars dernier par cette formule : «Les relations entre nos deux pays n’ont jamais été aussi solides et efficaces qu’elles le sont aujourd’hui.
S.M
