Les premiers éléments de l’enquête accablent le conducteur du bus qui serait sous l’emprise de psychotropes au moment du drame.
Le terrible accident de la route survenu le 31 juillet 2026 sur la RN24, entre Boumerdès et Zemmouri, prend une tournure particulièrement préoccupante.
Les premiers résultats de l’enquête judiciaire mettent en lumière un enchaînement de manquements graves, où la consommation présumée de stupéfiants, l’excès de vitesse et la surcharge du véhicule apparaissent comme les principaux facteurs ayant conduit à l’une des catastrophes routières les plus meurtrières de ces dernières années en Algérie. Le drame, qui s’est produit au lieu-dit El Karma, a coûté la vie à 28 personnes et fait 36 blessés, plongeant des dizaines de familles dans le deuil.
Un conducteur positif aux stupéfiants
Dans un communiqué signé par le procureur général près la Cour de Boumerdès, Chaker Kara, le parquet révèle que les analyses biologiques effectuées sur le conducteur décédé, Dhib Oussama, âgé de 33 ans, ont mis en évidence la présence de plusieurs substances stupéfiantes dans son organisme.
Les enquêteurs ont également découvert deux comprimés de psychotropes parmi ses effets personnels, un élément qui renforce les soupçons d’une conduite sous l’emprise de drogues. Ces révélations rappellent les dangers majeurs que représente la consommation de stupéfiants au volant. En altérant les réflexes, la vigilance, la perception des distances et la capacité de réaction, les drogues multiplient considérablement le risque d’accident, surtout lorsqu’elles sont associées à d’autres comportements dangereux.
Une vitesse deux fois supérieure à la limite autorisée
L’enquête a également établi que l’autobus roulait à 121,63 km/h, alors que la vitesse maximale autorisée sur cette portion de la RN24, caractérisée par une descente, est limitée à 60 km/h.
Autrement dit, le véhicule circulait à plus du double de la vitesse autorisée, réduisant fortement les possibilités de contrôle du bus et augmentant considérablement la gravité de l’accident. Pour les enquêteurs, cette vitesse excessive constitue un facteur déterminant dans le renversement du véhicule.
Un bus en surcharge
Les investigations ont également révélé que l’autobus transportait 64 personnes, alors que sa capacité réglementaire est fixée à 51 occupants, conducteur compris. Cette surcharge a pu aggraver les conséquences de l’accident en modifiant la stabilité du véhicule et en augmentant le nombre de victimes. Dès les premières heures suivant le drame, le procureur de la République près le tribunal de Boumerdès a ordonné l’ouverture d’une enquête confiée aux services de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale.
L’enquête toujours en cours
Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’ensemble des responsabilités, qu’elles concernent le conducteur, le transporteur ou toute autre partie impliquée dans cette tragédie. Le parquet général a assuré que toutes les personnes dont la responsabilité sera établie répondront de leurs actes conformément à la loi, ajoutant que les conclusions définitives de l’enquête seront rendues publiques.
Au-delà des responsabilités pénales, ce drame relance le débat sur les fléaux de la conduite sous l’emprise de stupéfiants et de l’excès de vitesse, deux comportements qui continuent de faire des ravages sur les routes algériennes.
Associés à une surcharge du véhicule, ils forment un cocktail particulièrement dangereux, dont les conséquences se sont révélées dramatiques à Boumerdès.
R.N.
