Avec la mise en place du bureau, des groupes parlementaires et des commissions permanentes, les rapports de force issus des dernières élections se dessinent, marqués par la prépondérance des partis de la majorité et une recomposition limitée de l’espace parlementaire.
À peine installés, les nouveaux députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont déjà entamé leur première pause parlementaire, avant la reprise de la session ordinaire prévue en septembre. Après une campagne électorale intense, les élus bénéficient ainsi d’une période de repos avant une rentrée qui s’annonce particulièrement chargée, marquée notamment par l’examen de plusieurs projets de loi importants, dont ceux relatifs aux collectivités locales et aux associations.
Cette pause intervient après l’adoption de la liste des 9 vice-présidents, la constitution des groupes parlementaires et l’installation des commissions permanentes.
La première séance de la nouvelle législature, tenue jeudi dernier au siège de l’institution, a permis de dévoiler les premiers contours du nouvel équilibre politique au sein de la chambre basse du Parlement. Forts de leur avance numérique issue des élections législatives du 2 juillet, les partis de la majorité ont rapidement investi les principales structures de l’Assemblée, tandis que les formations d’opposition ont affiché leur volonté de maintenir leur présence dans le débat politique.
Cette nouvelle configuration intervient quelques jours après l’élection de Khalida Boufedache, députée du Front de libération nationale (FLN), à la présidence de l’APN. Une accession historique, puisqu’elle devient la première femme à diriger la Chambre basse du Parlement algérien.
Sept groupes parlementaires
La nouvelle APN s’organise désormais autour de sept groupes parlementaires, dominés par les formations arrivées en tête lors des dernières élections ainsi que par les représentants indépendants.
Cette organisation traduit une réduction du nombre de groupes parlementaires par rapport aux précédentes législatures. Cette évolution découle de l’application du nouveau règlement intérieur de l’APN, qui fixe désormais à 17 le nombre minimum de députés nécessaires pour constituer un groupe.
Cette nouvelle règle a empêché plusieurs formations politiques, dont le Front des forces socialistes (FFS), le Parti des travailleurs et le Front de la justice et du développement, de disposer de leurs propres groupes parlementaires.
Une majorité largement dominante
La composition du nouveau bureau de l’Assemblée reflète largement le rapport de forces issu des urnes. Sur les neuf postes de vice-présidents, six reviennent au FLN, au RND et au Front El Moustakbal. Le MSP obtient un poste, tandis que les deux autres sièges sont attribués au Mouvement El Bina El Watani et aux indépendants.
La répartition des douze commissions permanentes confirme également la prédominance des partis de la majorité. Le FLN obtient trois présidences de commissions importantes, notamment celles des affaires étrangères, de la santé et des finances.
Le RND décroche également trois présidences, parmi lesquelles celles des commissions des affaires juridiques et administratives, des libertés et des droits de l’homme, ainsi que de l’agriculture, de la pêche et des ressources en eau.
De son côté, le Front El Moustakbal, désormais troisième force parlementaire, prend la direction de deux commissions liées à des secteurs stratégiques, notamment l’économie et les transports.
Les autres commissions reviennent au Mouvement El Bina El Watani, au Mouvement des nationalistes libres et au Parti Sawt Echaab.
Alliance pour un nouveau groupe parlementaire
Dans un paysage dominé par les grandes formations politiques, cinq partis, à savoir TAJ, le Front de la Nouvelle Algérie, El Karama, le Parti du renouveau algérien et le Front de la bonne gouvernance, ont uni leurs sièges pour former un nouveau groupe parlementaire à l’APN, dépassant ainsi le seuil des 17 députés requis.
Ce regroupement vise à renforcer leur poids institutionnel et à bénéficier des moyens accordés aux groupes parlementaires. Proche de la majorité, notamment après son soutien à l’élection de Khalida Boufedeche à la présidence de l’APN, cette alliance ambitionne, néanmoins, de jouer un rôle accru dans les prochains équilibres politiques.
Avec cette nouvelle structure, l’APN dispose désormais de l’ensemble de ses organes de fonctionnement.
Smail R.
