Un remaniement ministériel partiel se profile. Sans bouleverser l’architecture gouvernementale, il devrait viser à insuffler une nouvelle dynamique à l’action publique et à accompagner les priorités de la seconde moitié du mandat présidentiel.
Après l’installation de la dixième législature de l’Assemblée populaire nationale (APN), l’attention se tourne désormais vers la prochaine équipe gouvernementale. L’hypothèse d’un remaniement ministériel partiel revient avec insistance dans les milieux politiques, avec l’objectif de renforcer l’efficacité de l’Exécutif sans remettre en cause les grands équilibres actuels.
L’enjeu serait davantage d’opérer des ajustements ciblés que de procéder à une refonte globale. Il s’agirait notamment d’améliorer la coordination entre les secteurs, d’accélérer la mise en œuvre des réformes et de renforcer la performance de l’administration publique, particulièrement dans les domaines économique, social et administratif.
Dans cette perspective, le maintien de Sifi Ghrieb à la tête du gouvernement apparaît comme l’option privilégiée. Sa reconduction s’inscrirait dans une logique de continuité, alors que l’Exécutif est engagé dans plusieurs dossiers stratégiques.
Malgré l’existence d’une majorité présidentielle au sein de l’hémicycle de Zighoud-Youcef, la fonction de Premier ministre devrait être maintenue, en l’absence d’une majorité parlementaire permettant la nomination d’un chef de gouvernement, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Sifi Ghrieb bénéficie toujours de la confiance du président de la République, notamment pour son implication dans des dossiers majeurs liés à la récupération des avoirs issus des affaires de corruption, à l’amélioration du climat des affaires et au renforcement de l’attractivité économique du pays.
Des changements attendus
Plusieurs départements ministériels pourraient conserver leurs responsables actuels, notamment ceux considérés comme prioritaires dans l’application du programme présidentiel.
Les Affaires étrangères, l’Énergie et les Mines, le Logement, l’Industrie pharmaceutique, la Santé, l’Éducation nationale, les Moudjahidine ou encore le Commerce extérieur figureraient parmi les secteurs où la continuité pourrait être privilégiée afin de préserver les acquis et poursuivre les chantiers engagés.
D’autres départements pourraient, en revanche, connaître des ajustements. L’Agriculture, les Finances, l’Enseignement supérieur ou encore la Communication sont cités parmi les secteurs susceptibles d’accueillir de nouveaux profils ou de nouvelles orientations.
L’objectif ne serait pas seulement de remplacer des responsables, mais d’introduire de nouvelles méthodes de gestion, d’améliorer la prise de décision et d’accroître la capacité d’exécution des politiques publiques.
Equilibre entre expertise et expérience politique
Le prochain Exécutif pourrait également rechercher un équilibre entre profils technocratiques, compétences administratives et personnalités issues de la sphère politique.
Dans ce cadre, le nom d’AbdelhakSaiouda, ancien wali de Constantine, est évoqué parmi les personnalités susceptibles d’intégrer le gouvernement. Son expérience dans la gestion territoriale et sa connaissance des réalités locales sont présentées comme des atouts.
D’autres noms circulent également, à l’image de Salima Mousserati, ancienne présidente de la Haute- Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC). La présence éventuelle d’une spécialiste du droit constitutionnel ayant dirigé une institution constitutionnelle est aussi évoquée afin de renforcer l’expertise juridique et institutionnelle de l’équipe gouvernementale.
Une possible réorganisation des départements
Au-delà du changement des personnes, une révision de l’architecture gouvernementale pourrait être envisagée. Elle pourrait porter sur le regroupement de certaines missions, la modification d’intitulés ministériels ou une meilleure répartition des compétences.
Parmi les pistes avancées, figure la création d’un ministère dédié aux Domaines de l’État, inspiré de certaines expériences étrangères. D’autres ajustements pourraient concerner la dénomination de certains départements, notamment celui de l’Agriculture, avec une éventuelle intégration de la dimension du développement rural dans une approche plus globale.
Limité ou plus large, le prochain remaniement constituera un test pour l’Exécutif. Il devra trouver l’équilibre entre stabilité institutionnelle et renouvellement des méthodes de gouvernance, avec un objectif central : améliorer le service public, accélérer les réformes et répondre aux attentes économiques et sociales des citoyens.
Smail Rouha
