Le projet de loi de finances pour 2027, les textes sur la commune et la wilaya, ainsi que plusieurs projets concernant notamment la justice, la santé et le commerce électronique, seront au cœur de la nouvelle session parlementaire.
À l’ouverture de la session ordinaire 2026-2027, les présidents des deux chambres ont insisté sur la nécessité de rapprocher davantage le travail parlementaire des préoccupations des citoyens et d’adapter l’arsenal juridique aux nouvelles réalités du pays.
Au Conseil de la nation, Azouz Nasri a placé cette nouvelle étape sous le signe du renforcement de l’action parlementaire et de l’amélioration de son efficacité. Le président du Conseil de la nation a particulièrement mis en avant les textes «structurants» qui seront soumis à l’examen des parlementaires, avec en tête le projet de loi de finances pour 2027 et les projets de loi relatifs à la commune et à la wilaya.
Le programme comprend également plusieurs textes concernant des secteurs sensibles, notamment la justice, la santé et le commerce électronique. Pour Azouz Nasri, l’enjeu est de faire de l’activité législative un véritable levier au service du développement. Il a ainsi appelé les deux chambres à faire de «chaque loi un outil de développement» et de
«chaque contrôle un mécanisme de correction».
Le président du Conseil de la nation a, dans le même temps, insisté sur la nécessité de préserver la diversité des opinions politiques dans le cadre de la compétition démocratique, tout en faisant de l’intérêt supérieur du pays une référence commune.
Une législation appelée à évoluer
À l’Assemblée populaire nationale, Khalida Boufedeche a également insisté sur la nécessité de faire évoluer le travail parlementaire en fonction des transformations que connaît le pays.
La présidente de l’APN a notamment plaidé pour une adaptation des textes aux mutations économiques et numériques. L’objectif, selon elle, est de renforcer la clarté du cadre juridique, d’améliorer la sécurité institutionnelle et d’accompagner les politiques publiques de développement et de réforme.
Elle a également appelé à renforcer la coordination entre les deux chambres afin d’assurer une meilleure complémentarité du travail législatif et de veiller à la précision des textes adoptés.
Cette volonté de renforcer la coopération entre les deux institutions a également été exprimée par Azouz Nasri, qui a réaffirmé la disponibilité du Conseil de la nation à consolider les mécanismes de concertation et de coordination avec l’APN.
Le citoyen au centre du mandat parlementaire
Au-delà des textes de loi, les deux discours ont insisté sur le lien entre le Parlement et les citoyens. Khalida Boufedeche a appelé les députés à rester à l’écoute de la population, à porter ses préoccupations et à exercer pleinement leurs missions législatives et de contrôle. Elle a souhaité faire de la nouvelle législature un espace de dialogue et de pratique démocratique, fondé sur «l’intérêt de l’Algérie» comme «dénominateur commun».
Azouz Nasri a, de son côté, appelé à faire des élections locales du 28 novembre une étape de consolidation de la pratique démocratique, de renouvellement des élites locales et de renforcement de la bonne gouvernance.
Les incendies ayant récemment touché plusieurs wilayas ont également marqué les deux interventions. Khalida Boufedeche a présenté ses condoléances aux familles des victimes et salué la mobilisation des institutions et la solidarité de la population. Azouz Nasri a, lui aussi, salué les instructions du président Abdelmadjid Tebboune pour une prise en charge rapide des sinistrés, ainsi que la mobilisation des pouvoirs publics et l’élan de solidarité à travers le pays.
Le volet sécuritaire et pénal point de mire
La présidente de l’APN a, par ailleurs, rendu hommage aux efforts de l’Armée nationale populaire et des différents corps de sécurité dans la lutte contre la criminalité organisée, la contrebande et le trafic de stupéfiants et de psychotropes.
Elle a également évoqué le projet annoncé concernant l’application de la peine de mort à l’encontre des personnes provoquant volontairement des incendies, ainsi que des ravisseurs d’enfants et des auteurs de mauvais traitements à leur encontre.
Ce dossier devrait donc compter parmi les questions sensibles qui accompagneront les travaux de la nouvelle session.
Les choix souverains réaffirmés
Sur le plan extérieur, les deux responsables parlementaires ont réaffirmé leur soutien aux orientations de la diplomatie algérienne.
Azouz Nasri a renouvelé son soutien à la décision de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Khalida Boufedeche a également présenté cette décision comme relevant des choix souverains du pays et de la défense de ses intérêts supérieurs.
La présidente de l’APN a, par ailleurs, réaffirmé le soutien de l’Algérie au droit du peuple palestinien à la liberté, à l’indépendance et à l’établissement de son État. Elle a également rappelé la position algérienne sur la question du Sahara occidental et son attachement au droit de l’Afrique au développement.
Avec les textes financiers et institutionnels attendus, les réformes du cadre juridique et les questions liées aux préoccupations citoyennes, la nouvelle session parlementaire s’annonce ainsi marquée par plusieurs dossiers à forts enjeux, sur lesquels les deux chambres devront désormais concentrer leurs travaux.
I. Khermane
