L’Algérie commémorera, samedi, le 68e anniversaire de la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), tout en continuant d’asseoir sa position d’Etat pivot, attaché aux mêmes constantes politiques et diplomatiques énoncées dans la proclamation portant création du Gouvernement provisoire et dont les fondements ont été forgés par les sacrifices de la génération de la glorieuse Révolution de libération.
La fidélité à l’esprit du 19 septembre 1958 se manifeste à travers l’attachement de l’Algérie à sa souveraineté nationale et à l’indépendance de sa décision nationale, son refus de toute forme de polarisation régionale ou internationale, ainsi que sa défense inlassable des causes justes et du droit des peuples à l’autodétermination, outre le renforcement des principes de paix et de coopération internationales.
Il s’agit là d’une ligne de conduite qui vient réaffirmer que la doctrine de l’Etat et ses nobles positions puisent leur essence dans les sacrifices consentis par la génération de la glorieuse Révolution de libération. C’est cette même doctrine que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, n’a pas manqué de rappeler à chaque occasion, en veillant à en faire une référence et un socle de la diplomatie algérienne, fondée sur les valeurs nationales et humaines prônées par les textes fondateurs de la glorieuse Révolution, particulièrement la Déclaration du 1er Novembre 1954 et le Congrès de la Soummam de 1956.
A la faveur de cette politique, la diplomatie algérienne a pu retrouver son efficacité, comme l’a souligné le président de la République lors d’une précédente occasion, confortant ainsi sa forte présence dans les différents fora internationaux, notamment durant son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
La diplomatie algérienne joue également un rôle de premier plan dans la défense des intérêts du continent africain et le développement des relations avec le voisinage régional, en dépit de certaines tentatives visant à entraver ses efforts de la part de parties qui adoptent les mêmes idées expansionnistes et colonialistes primitives, réfutées par le peuple algérien lors de la plus grande Révolution de l’histoire contemporaine.
Revenant sur l’histoire, le colonialisme français, quatre ans après le déclenchement de la glorieuse Révolution de libération, avait tenté d’isoler la cause algérienne de sa profondeur arabe et internationale et de réduire au silence la voix du peuple algérien. La décision de créer le GPRA est alors intervenue pour offrir une couverture juridique et institutionnelle à la Révolution et transférer la bataille du terrain militaire vers les arcanes de la diplomatie internationale.
La création du Gouvernement provisoire est intervenue en application des décisions du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA), prises lors de sa réunion tenue au Caire (Egypte) du 20 au 27 août 1957. Cette création a été officiellement annoncée le 19 septembre de l’année suivante, simultanément depuis trois capitales arabes.
Le GPRA, qui a connu trois compositions de 1958 à 1962 sous la présidence de Ferhat Abbas puis de Benyoucef Benkhedda, s’est imposé comme le représentant légitime du peuple algérien lors des négociations historiques d’Evian, qui ont abouti aux accords de mars 1962, à la reconnaissance du droit à l’autodétermination, puis à la proclamation de l’indépendance et au recouvrement de la souveraineté nationale.
Depuis sa création, le GPRA a fait entendre la voix de la Révolution de libération, à travers la participation de plusieurs de ses membres aux conférences internationales, africaines et arabes, ainsi que leurs visites effectuées dans des pays frères et sympathisants avec la Révolution algérienne, plus de 30 Etats arabes, africains, asiatiques et américains ayant reconnu le Gouvernement provisoire.
Le GPRA a joué un rôle majeur sur la scène internationale, en concluant des dizaines d’accords et de traités internationaux. Sa première activité diplomatique fut de dénoncer, le 20 septembre 1958, auprès de l’ONU, le référendum décidé par le général de Gaulle.
Dans la proclamation officielle portant création du GPRA, lue par son président, Ferhat Abbas, il était notamment indiqué: «Cette proclamation, faite au nom d’un peuple qui combat depuis quatre ans pour son indépendance, restaure l’Etat algérien que les vicissitudes de la conquête militaire de 1830 ont brutalement et injustement supprimé de la carte politique de l’Afrique du Nord».
Le GPRA a également exprimé son aspiration à édifier un Etat moderne fondé sur les principes démocratiques et la justice sociale, tout en veillant à établir des liens de fraternité et de coopération avec tous les peuples épris de paix et de liberté.
R.N
