Un pays ne se construit pas qu’avec du béton, mais avec une vraie volonté.
Le Rapport national volontaire 2026 le rappelle. L’Algérie a tenu bon. Elle a construit des écoles, des universités, des hôpitaux, des logements, des routes et des usines de dessalement. Elle a protégé son contrat social quand beaucoup d’autres États étaient secoués par les crises. Tout ça mérite d’être reconnu.
Mais l’Histoire ne récompense pas les victoires d’hier. Elle demande surtout des réponses pour les défis de demain.
Et justement, le chantier qui arrive est encore plus compliqué. Il ne s’agit plus seulement de construire plus, mais de construire mieux. Ce n’est plus juste une question d’investir. Il faut produire. Innover. Exporter. Mieux gouverner et transmettre.
Le cœur de tout ça a un nom : la jeunesse.
Aucun pays ne peut dire qu’il prépare l’avenir si ses jeunes doutent plus de leur futur que de leurs capacités. Notre jeunesse n’attend pas qu’on lui «donne» une vie toute faite. Elle attend qu’on lui ouvre les portes de l’effort, du mérite et de la réussite. Parce qu’un pays qui laisse partir ses talents finit par exporter son avenir et importer sa dépendance.
Mais il y a un autre combat tout aussi urgent, celui de l’autorité.
Aucun projet de développement ne peut avancer là où le narcotrafic recrute, où des bandes imposent leurs règles dans les quartiers, où l’argent facile devient plus attirant que le travail, et où la violence rivalise avec l’État. Les trafiquants de drogue ne détruisent pas seulement des vies, ils cassent la confiance, abîment l’économie, fragilisent les familles et essaient de prendre la place de l’État.
Face à ça, il ne peut pas y avoir de faiblesse, ni de complaisance, ni de résignation. Protéger la jeunesse, c’est aussi la protéger de l’ignorance, mais surtout de ceux qui lui fourguent du poison. La vraie richesse d’un pays, ce n’est ni son pétrole, ni son gaz, ni son soleil. C’est une jeunesse libre, éduquée, en sécurité, et convaincue que le travail vaut bien plus que les illusions du crime.
L’Algérie a des ressources énormes, une position géographique stratégique, et un potentiel industriel, agricole et énergétique important. Mais aucune richesse naturelle ne remplacera jamais une gouvernance sérieuse, une justice équitable, une administration efficace et une autorité respectée.
L’horizon 2030 ne sera pas juste une question de chiffres. Ce sera un vrai choix de société. Celui d’un État qui protège sans assister, qui encourage sans favoriser, qui sanctionne quand il faut et qui récompense enfin le mérite.
Notre génération n’a plus seulement à gérer le présent. Elle doit préparer la suite. Les jeunes n’ont pas besoin de promesses sur l’Algérie de demain. Ils ont besoin de moyens concrets pour la construire.
Parce que les grandes nations ne sont pas celles qui laissent un héritage à leur jeunesse. Ce sont celles qui lui laissent un pays assez solide, assez juste et assez ambitieux pour qu’elle ait envie d’y rester et d’y construire sa vie et ne point le quitter.
S. Méhalla
