L’usage des caméras de vidéosurveillance dans les lieux de travail, les commerces et les établissements scolaires entre dans une nouvelle phase de régulation en Algérie. Par une délibération datée du 4 mars 2026, l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel fixe un ensemble de règles destinées à encadrer plus strictement ces dispositifs devenus omniprésents.
Derrière l’objectif affiché de sécurité — protection des personnes, des biens et amélioration de la discipline dans les espaces professionnels — se dessine une volonté assumée : éviter que la généralisation de la surveillance ne se fasse au détriment des libertés individuelles et de la vie privée.
Un encadrement administratif renforcé
Désormais, l’installation de systèmes de vidéosurveillance ne relève plus d’une simple décision interne des établissements. Elle est conditionnée à une autorisation préalable du wali compétent, après avis de la commission de sécurité de wilaya. Une exception demeure toutefois pour certains services sensibles relevant des ministères de la Défense et de l’Intérieur.
Cette exigence traduit une logique de contrôle administratif plus serré, dans un contexte où les caméras sont devenues un outil courant de gestion des risques.
La surveillance limitée à la sécurité
Le texte est sans ambiguïté sur la finalité des dispositifs : la vidéosurveillance doit servir exclusivement à la sécurité des personnes et des biens. Toute extension de l’usage des images à d’autres objectifs est écartée.
Cette limitation vise à prévenir les dérives potentielles, notamment l’utilisation des enregistrements à des fins disciplinaires abusives ou de surveillance permanente des travailleurs.
Ligne rouge sur la vie privée
L’un des points centraux de la délibération concerne la transparence. Employeurs et gestionnaires d’établissements sont tenus d’informer clairement les personnes concernées de la présence de caméras, de leur emplacement et des raisons de leur installation. L’information doit être visible et compréhensible, notamment via un affichage approprié.
Le texte fixe également des limites strictes. Il interdit l’installation de caméras dans les espaces où la vie privée est particulièrement protégée, comme les toilettes ou les vestiaires.
Autre restriction notable : les systèmes de vidéosurveillance des structures publiques ne doivent pas être connectés à Internet, une mesure présentée comme une garantie contre les risques de piratage ou d’accès non autorisé.
Accès aux images et conservation encadrés
L’accès aux enregistrements est strictement réservé aux personnes habilitées par le responsable du traitement. Les images doivent en outre être stockées dans des conditions de sécurité renforcées, pour une durée qui ne peut excéder un an.
Enfin, la délibération rappelle les droits des personnes filmées, consacrés par la loi 18-07 sur la protection des données personnelles : droit à l’information, droit d’accès, droit de rectification et droit d’opposition.
Ces garanties juridiques viennent rappeler que la vidéosurveillance, si elle s’impose comme un outil de sécurité incontournable, demeure soumise à un principe fondamental : celui du respect des libertés individuelles.
S. R.
