Le recours à la carte grise digitale et au paiement bancaire vise à sécuriser les transactions, réduire la fraude et moderniser l’administration au service des citoyens.
L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration. À partir du dimanche 5 avril 2026, un système numérique global entrera en vigueur pour encadrer les opérations de vente et d’achat de véhicules, marquant la fin du paiement en espèces et des contrats papier.
Dans une démarche stratégique visant à moderniser le service public et à réguler le marché des voitures neuves et d’occasion, il a été décidé de lancer officiellement une plateforme numérique unifiée pour la production des cartes grises équipées de QR code. Cette plateforme permettra un accès rapide et sécurisé aux informations des véhicules, facilitant leur vérification par les autorités. Elle remplacera définitivement les procédures manuelles et la validation des contrats auprès des services de l’état civil.
Fin des contrats papier et nouvelles obligations
Cette transition numérique marque la fin des contrats papier traditionnels. Elle vise à sécuriser les transactions et à mettre fin à la fraude et à la bureaucratie qui ont longtemps affecté le secteur.
Le nouveau dispositif impose des règles strictes, notamment l’obligation d’utiliser la carte nationale d’identité biométrique pour toute transaction afin de renforcer la transparence et lutter contre les falsifications.
Le marché automobile en Algérie, qu’il s’agisse de véhicules neufs ou d’occasion, a longtemps été confronté à plusieurs problèmes, notamment fraudes et falsifications (contrats fictifs, détournements, falsification de cartes grises), bureaucratie lourde (longues files d’attente et multiplication des documents papier), et transactions informelles (usage quasi systématique d’espèces, rendant difficile le suivi fiscal et légal).
Pour y remédier, l’État a jugé nécessaire de numériser l’ensemble du processus d’achat et de vente afin d’assurer une traçabilité complète et de protéger toutes les parties impliquées. Ainsi, la radiation des cartes grises se fera exclusivement au niveau du bureau d’immatriculation des véhicules et non au bureau de l’état civil, conformément à la circulaire ministérielle n° 02 en date du 26 mars 2026.
Nouvelles procédures
Le système de vente traditionnel dans les bureaux de l’état civil et leurs annexes est supprimé définitivement. Les anciens contrats papier ne seront plus acceptés à compter d’aujourd’hui d’aujourd’hui. Le jeudi 2 avril 2026 était le dernier délai pour obtenir une carte grise selon l’ancien système.
Les acheteurs n’ayant pas encore finalisé l’obtention de leur carte grise devront désormais compléter leurs démarches exclusivement via la plateforme numérique. Les services administratifs ont lancé un appel aux propriétaires de véhicules récemment achetés, qui n’ont pas encore soumis leurs demandes d’immatriculation, pour régulariser leur situation avant la date annoncée.
Les responsables ont mis en garde contre tout retard dans la constitution des dossiers ou le non-respect des nouvelles procédures, ce qui pourrait entraîner la suspension ou la radiation des anciennes cartes grises et empêcher la validation des contrats de vente afin de protéger les droits de toutes les parties et de maintenir l’ordre légal des procédures.
Un coup dur pour les smasria
Cet appel concerne les véhicules dont la carte grise n’a pas encore été émise, les détenteurs d’une carte grise radiée, ainsi que les titulaires de la carte provisoire connue sous le nom de carte jaune.
Cette transition vers la carte grise numérique vise à protéger toutes les parties impliquées dans la transaction grâce à une identité numérique unique pour chaque véhicule, facilitant le contrôle administratif et sécuritaire et éliminant toute manipulation des données, conformément à la vision de l’État visant à moderniser l’administration et à la rapprocher du citoyen via des solutions technologiques intelligentes et entièrement sécurisées.
Le changement le plus marquant reste, toutefois, la généralisation du paiement par voie bancaire. Les transactions en espèces sont désormais supprimées, tandis que les taxes seront automatiquement prélevées en fonction de la valeur du véhicule.
Avec cette réforme, toutes les opérations de vente seront désormais centralisées et dématérialisées, mettant fin à des pratiques longues et contraignantes. Cette réforme constitue également un coup dur pour les intermédiaires informels (smasria).
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie globale de numérisation de l’administration algérienne, qui vise à moderniser les services publics, à améliorer la transparence et à réduire progressivement les intermédiaires et la corruption.
La mise en place de la carte grise numérique n’est que la première étape. A terme, tous les services publics (impôts, santé, transports) devraient être accessibles en ligne, rendant l’administration plus proche du citoyen, efficace et sécurisée.
Smail Rouha
