L’enquête, dirigée par l’unité des crimes économiques et financiers (UDEF) de la police espagnole, a conduit à l’arrestation du vice-consul espagnol et d’un employé algérien du consulat.
Des rapports médiatiques espagnols, citant des sources sécuritaires, ont révélé, hier, le démantèlement d’un réseau criminel présumé opérant depuis le consulat espagnol en Algérie.
Ce réseau était impliqué dans la délivrance frauduleuse de visas Schengen, permettant à des familles d’obtenir un accès illégal à l’espace européen. L’enquête, dirigée par l’unité des crimes économiques et financiers (UDEF) de la police espagnole, a conduit à l’arrestation du vice-consul espagnol Vicente Moreno Sánchez et d’un employé algérien du consulat, Mohamed B.
Le mode opératoire
Selon «El Objetivo», les membres du réseau exigeaient des sommes pouvant atteindre 25 000 euros pour faciliter l’obtention de visas Schengen en échange d’une rémunération. Ce système reposait sur la manipulation de dossiers administratifs et la validation de demandes ne répondant pas aux critères légaux. Il visait à permettre à des familles de pénétrer illégalement dans l’Union européenne via l’Espagne.
Les enquêteurs ont révélé que les accusés faisaient partie d’une «organisation criminelle» opérant au sein même du consulat. Les fonds collectés étaient ensuite transférés en Espagne pour être blanchis, notamment à travers l’acquisition de biens et d’actifs destinés à dissimuler leur origine.
Arrestations et enquête en cours
Les arrestations ont eu lieu à Sagunto, Torrevieja et Alicante. Vicente Moreno Sánchez a été interpellé à Sagunto, tandis que Mohamed B. a été arrêté entre Torrevieja et Alicante. Les deux hommes sont en détention, en attente de leur comparution devant la justice par vidéoconférence. Une enquête est également ouverte concernant l’ex-épouse du vice-consul, sans mesure de placement en détention à ce stade.
Lors des perquisitions, les autorités ont saisi 10 890 euros, ainsi que des équipements électroniques (téléphones, ordinateurs, supports de stockage). L’opération «Jazira-Cova» a également donné lieu à des demandes de gel de biens immobiliers et d’avoirs financiers à Madrid, dans le but de tracer les flux suspects.
Une affaire en cours d’examen judiciaire
Le ministère espagnol des Affaires étrangères a ouvert une enquête interne pour examiner les documents administratifs et les échanges électroniques liés aux procédures de visa. Cette démarche vise à identifier d’éventuelles complicités et à renforcer les mécanismes de contrôle au sein du réseau consulaire.
L’affaire met en évidence la nécessité d’un encadrement plus strict et d’outils de vérification renforcés dans les représentations consulaires.
Ce dossier illustre la capacité de certains réseaux à exploiter des failles institutionnelles pour contourner les règles d’accès à l’espace Schengen. Les autorités espagnoles sont désormais appelées à revoir certains dispositifs de contrôle interne, tout en poursuivant les investigations pour déterminer l’ampleur exacte des faits et d’éventuelles ramifications.
L’enquête judiciaire se poursuit, avec l’objectif de consolider les éléments de preuve et d’établir les responsabilités. Cette affaire relance le débat sur la transparence administrative et la sécurisation des procédures consulaires, dans un contexte marqué par des enjeux migratoires sensibles.
A.M.
