Par : Redouane Hannachi
Les magistrats de la chambre criminelle de la Cour suprême ont rejeté tout dernièrement le troisième pourvoi en cassation introduit par les avocats de la défense du mis en cause jugeant que les vices de formes discutés sont nuls et non avenus.
L’inculpé qui purge sa peine au niveau de la prison de Boussouf dans la wilaya de Constantine a procédé depuis 2018 à trois pourvois en cassation dans lesquelles il a émis le vœu que les sentences prononcées contre lui par les tribunaux de la première et deuxième instances soient révisées. En effet, c’est sous haute surveillance sécuritaire que le terroriste El Paz El Bachir alias «Houdaifa» a été présenté devant le président du tribunal criminel d’Alger, de première instance en l’occurrence Abdeslam Rachid lequel, et contrairement aux autres présidents des trois tribunaux d’Alger, Blida et Boumerdes lors des premiers jugements, a pu en un laps de temps arracher de fracassantes déclarations et des aveux au mis qui ont étonné son avocate Boumerdassi Hassiba contrainte alors de changer la tactique de sa plaidoirie à la toute dernière minute. Le président en charge du dossier a pu, grâce à son savoir-faire et sa sagesse, faire parler l’inculpé qui purge déjà une peine de perpétuité pour s’être rendu coupable dans plusieurs attentats sanglants au niveau de la capitale notamment l’assassinat de deux policiers à la gare routière du caroubier et deux gardes communaux non loin du siège de la sûreté urbaine d’El Hamiz durant la décennie noire. L’incriminé qui a perdu la vue de son œil droit alors qu’il s’apprêtait de déposer un engin explosif en plein centre des Eucalyptus au début des années 2000, et après avoir bénéficié des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale initiée par le président de la République Abdelaziz Bouteflika, a fini par être condamné lundi dernier à 15 ans de réclusion criminelle.
Le bourreau qui a été reconnu coupable d’appartenance à un groupe terroriste activant à l’intérieur du pays s’est longuement étalé sur son passé au sein des groupes armés à l’instar de la phalange de la mort et le GIA. Le condamné a fait par ailleurs savoir aux membres du tribunal criminel d’Alger, c’est-à-dire aux juges, sans la présence des membres du jury conformément aux nouvelles dispositions du code de procédures pénales, qu’il a repris l’activité terroriste au lendemain de sa libération au début de l’année 2 000. Il raconte avoir tenté de réorganiser le groupe auquel il appartenait tout en précisant à l’audience que ses acolytes activaient dans plusieurs quartiers populaires notamment à Bachjarah, Bab El Oued et Belcourt. Le procureur général a requis 20 ans de réclusion criminelle contre le mis en cause arguant que toutes les preuves légales et matérielles relatives à l’accusation sont formelles notamment en ce qui concerne l’intention criminelle de l’inculpé. Coincée par les aveux de son client, Me Boumerdassi Hassiba a affirmé au cours de sa plaidoirie que le mis en cause a déjà comparu et a été condamné pour création d’un groupe terroriste ayant pour objectifs, entre autres d’attenter à la sécurité du pays et de créer un climat de psychose au sein de la population et ce par le dépôt d’engins explosifs et qu’il ne pourrait plus être poursuivi en matière criminelle pour adhésion à un groupe terroriste activant à l’intérieur du pays.
Cette dernière n’introduira pas une rétractation à la Cour suprême pour la simple raison que cette procédure ne changera rien dans la vie de l’inculpé.
R.H.