Entre perspectives de croissance, maintien des investissements et montée en puissance de l’innovation, le tissu économique semble engagé dans une dynamique de transformation, malgré un environnement international encore incertain.
L’économie algérienne semble entrer dans une phase de consolidation, portée par un regain de confiance des dirigeants et une amélioration progressive des indicateurs macroéconomiques.
C’est ce qui ressort de la 29ᵉ édition de la Global CEO Survey de PwC, dont la déclinaison algérienne a été présentée lors de la 2ᵉ CEO Survey organisée récemment au Centre international des conférences (CIC) à Alger.
Les chefs d’entreprise interrogés affichent un optimisme marqué. Ainsi, 83% d’entre eux anticipent une croissance de l’économie nationale dans les douze prochains mois, contre 61% au niveau mondial. Par ailleurs, 90 % se disent confiants dans les perspectives de leur propre activité, dont une majorité à un niveau élevé de confiance.
Cet optimisme s’appuie sur un tissu économique structuré : 29% des entreprises sondées réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions de dollars, 58% emploient plus de 500 salariés et 72% relèvent du secteur privé.
Des risques encore présents, mais en recul
Les dirigeants restent, toutefois, attentifs aux incertitudes. L’inflation demeure le principal risque cité (39%), en baisse par rapport à 2024. Les tensions géopolitiques suivent (55%), mais leur perception tend également à reculer.
Les enjeux climatiques et la cybersécurité sont également évoqués, mais avec un niveau d’exposition jugé plus modéré. Dans ce contexte, l’Algérie apparaît relativement stable par rapport à d’autres économies africaines.
Cybersécurité et souveraineté en priorité
Face à ces défis, les entreprises algériennes adaptent leurs stratégies. La cybersécurité devient une priorité dans un contexte de tensions internationales et de digitalisation accrue.
Les dirigeants évoquent également une volonté de réduire leur dépendance technologique, de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et de limiter leur exposition à certains marchés à risque. La souveraineté technologique s’impose ainsi comme un axe central des stratégies d’entreprise.
Des investissements maintenus
Malgré les incertitudes globales, les décisions d’investissement résistent. Selon l’étude, 43% des dirigeants déclarent maintenir ou augmenter leurs investissements, confirmant une certaine confiance dans les perspectives locales.
Autre tendance notable : l’innovation gagne du terrain. La tolérance au risque est plus élevée qu’au niveau mondial (43% contre 26%), et 47 % des dirigeants considèrent désormais l’innovation comme un levier stratégique majeur.
Dynamique de transformation
Placée sous le thème «Souveraineté et résilience : une nouvelle trajectoire économique pour l’Algérie», la rencontre a réuni responsables publics, dirigeants d’entreprise et experts.
Organisée autour de quatre axes — énergie et mines, souveraineté numérique, souveraineté sanitaire et climat des investissements — elle a permis de mettre en lumière les principaux leviers de croissance.
Menée dans 105 pays auprès de 4 500 dirigeants, l’enquête de PwC offre une lecture comparative des dynamiques économiques mondiales et des spécificités algériennes.
Dans ce contexte, l’économie algérienne apparaît engagée dans une trajectoire de transformation, marquée par la résilience, la montée de l’innovation et une volonté affirmée de souveraineté économique.
I. Khermane
