Les agriculteurs ont encore besoin d’un soutien accru en matière de protection sociale.
Malgré un cadre juridique souple, adapté à la spécificité du secteur de l’agriculture, et toutes les facilitations accordées aux professionnels pour les encourager à intégrer la couverture sociale, moins de 200 000 agriculteurs sont inscrits à la Caisse de sécurité sociale.
C’est ce qu’a révélé, hier, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, lors d’une journée d’information autour du thème de la protection sociale des agriculteurs, qu’il a présidée en compagnie du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid.
Pour Abdelhak Saihi, ce groupe, malgré son importance dans le cycle économique, a encore besoin d’un soutien accru en matière de protection sociale, notamment au vu des transformations économiques que connaît le pays.
Il a, dans ce contexte, affirmé que l’objectif actuel est de faciliter l’accès des agriculteurs à la carte d’agriculteur et d’élargir la base des bénéficiaires de la couverture sociale. Pour sa part, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a regretté que sur les 2,3 millions d’agriculteurs actuellement recensés, il y en a environ moins de 200 000 inscrits au fonds, et parmi ceux-ci, seuls 90 000 environ paient régulièrement leurs cotisations.
Soulignant que l’agriculteur représente le pilier du secteur agricole et de la production nationale, le ministre a affirmé que la question de la protection sociale des agriculteurs revêt une grande importance. Il a précisé que le secteur s’efforce de résoudre les différents problèmes qui ont été identifiés dans le domaine de l’assurance des agriculteurs.
Il a souligné que les efforts actuels sont axés sur la simplification des procédures administratives et la réforme des mécanismes de mise en œuvre au sein du système agricole afin de lever les obstacles rencontrés par ce groupe et d’améliorer les conditions de leur participation au système de sécurité sociale.
Les objectifs sont, selon lui, l’augmentation du nombre d’adhésions pour inclure tous les agriculteurs, la diffusion de la culture de l’assurance et de la sécurité sociale en coopération avec la Chambre nationale d’agriculture, ainsi que la facilitation de l’accès à la carte d’agriculteur.
Les deux ministres ont, par ailleurs, souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les secteurs concernés par le biais d’un travail commun et de la mise en place de mécanismes pratiques sur le terrain, au lieu de se contenter d’émettre des recommandations, afin d’assurer une plus grande efficacité dans la prise en compte des préoccupations des agriculteurs et d’améliorer le niveau de protection sociale dans le secteur agricole.
Enjeu majeur
Le secteur agricole algérien est en pleine croissance et constitue un pilier de l’économie, contribuant significativement au PIB et couvrant environ 75% des besoins alimentaires nationaux. D’après le Recensement général de l’agriculture (RGA) 2024, le secteur emploie environ 2,6 à 2,7 millions de personnes, ce qui représente plus de 74% des actifs ruraux et près de 24% de la main-d’œuvre nationale.
Sécuriser socialement ces agriculteurs constitue l’une des premières priorités des pouvoirs publics. Cela permettra de stabiliser la main-d’œuvre agricole et de moderniser ce secteur qui revêt une importance cruciale dans la conjoncture économique actuelle. Cette sécurisation contribuera à renforcer la résilience des agriculteurs tout en soutenant l’investissement agricole à travers une main-d’œuvre mieux protégée.
S. Smati
