Face aux défis sécuritaires et migratoires qui touchent le Bassin méditerranéen, l’Algérie et l’Italie renforcent leur coopération.
La coopération dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre la criminalité transnationale et de la gestion des flux migratoires a occupé une place centrale lors des discussions tenues à Rome entre le ministre algérien de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, et son homologue italien, Matteo Piantedosi.
Cette rencontre de travail, organisée au siège du ministère italien de l’Intérieur en présence des membres des deux délégations, intervient dans un contexte marqué par un rapprochement constant entre l’Algérie et l’Italie. Elle traduit la volonté des deux pays de consolider une relation bilatérale qualifiée de stratégique, en élargissant les domaines de coopération et en renforçant les mécanismes de concertation face aux défis communs qui touchent notamment l’espace méditerranéen.
Lors des échanges, Saïd Sayoud a mis en avant l’importance accordée par les hautes autorités algériennes et italiennes au développement des relations entre les deux pays. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés afin de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale, particulièrement dans les secteurs liés à la sécurité, à la stabilité régionale et aux enjeux transfrontaliers.
Coordination accrue
La question de la migration irrégulière a constitué l’un des principaux axes des discussions. Les deux parties ont examiné les moyens susceptibles de renforcer la coordination entre leurs institutions respectives afin d’apporter des réponses plus efficaces aux réseaux spécialisés dans le trafic de migrants et la traite des êtres humains.
La partie italienne a salué les efforts déployés par l’Algérie dans la lutte contre ces phénomènes, mettant en avant l’approche adoptée par Alger, qui repose sur une vision globale associant les impératifs de sécurité, le respect des considérations humanitaires et la prise en compte des dimensions économiques et sociales liées aux mouvements migratoires.
Rome a également exprimé son appréciation des résultats obtenus par les autorités algériennes dans le démantèlement des réseaux criminels impliqués dans le trafic de personnes, tout en soulignant la qualité de la coopération développée avec les services algériens compétents.
Pour les deux pays, la lutte contre la migration clandestine ne peut se limiter à une approche sécuritaire. Elle nécessite également un travail coordonné sur l’échange d’informations, la prévention, la formation des acteurs concernés et la lutte contre les organisations criminelles qui exploitent la vulnérabilité des migrants.
Développer des mécanismes conjoints
Au-delà de la gestion des flux migratoires, les discussions ont porté sur plusieurs pistes visant à renforcer la coopération sécuritaire entre Alger et Rome. Les deux parties ont notamment évoqué l’intensification des échanges d’expertise, le développement de programmes communs de formation et le renforcement de la coopération policière.
Une attention particulière a été accordée à la nécessité de développer des mécanismes conjoints capables de répondre aux nouvelles formes de criminalité organisée, notamment celles qui dépassent les frontières nationales et qui nécessitent une coordination étroite entre les services de sécurité des différents pays.
La cybersécurité, la lutte contre les réseaux criminels transnationaux et le partage d’expériences dans les domaines techniques et opérationnels figurent parmi les secteurs appelés à connaître un renforcement dans le cadre de ce partenariat.
À l’issue de la réunion, l’Algérie et l’Italie ont réaffirmé leur engagement à poursuivre le développement de leur coopération bilatérale sur la base de la confiance mutuelle, de la coordination permanente et de la convergence de leurs intérêts, notamment en matière de sécurité régionale.
Une dynamique bilatérale soutenue
Au cours de cette visite, Saïd Sayoud a également tenu une séance de travail élargie avec les membres de la mission diplomatique de l’ambassade d’Algérie à Rome, consacrée au suivi des relations bilatérales et aux perspectives de leur développement.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la visite effectuée en Italie en mars dernier par Saïd Sayoud, mandaté par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. À cette occasion, il avait conduit une délégation comprenant notamment le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, à l’invitation du ministre italien de l’Intérieur Matteo Piantedosi.
Cette précédente visite avait permis aux deux parties de convenir d’un renforcement de la coordination entre leurs institutions sécuritaires, en particulier dans les domaines de la cybersécurité, de la lutte contre la criminalité organisée et de la gestion des questions migratoires.
La répétition des rencontres de haut niveau entre responsables algériens et italiens témoigne du rythme soutenu imprimé aux relations entre les deux pays. Déjà solides dans les domaines énergétique et économique, ces relations connaissent aujourd’hui une évolution vers une coopération plus large, où la sécurité occupe une place de plus en plus importante.
À travers ce partenariat, Alger et Rome affichent une volonté commune de contribuer au renforcement de la stabilité en Méditerranée, en s’appuyant sur une coopération fondée sur le dialogue, la confiance et la recherche de solutions concertées face aux défis régionaux.
Synthèse Smail Rouha
