Alors que la situation se stabilise progressivement dans les wilayas touchées par les incendies, une autre bataille commence : celle de l’après.
Derrière les chiffres et les opérations de secours, des familles ont perdu un proche, une maison, un moyen de subsistance ou simplement leur sentiment de sécurité. Alors que les flammes reculent, l’État fait désormais face à un immense défi : accompagner les victimes, réparer les dégâts et permettre aux territoires sinistrés de retrouver progressivement une vie normale.
Les incendies finissent par s’éteindre, mais leurs conséquences s’inscrivent dans le temps. Dans les villages et les régions montagneuses touchés, une nouvelle étape commence : celle de la reconstruction.
À Jijel, comme dans d’autres wilayas, l’amélioration des conditions a permis de renforcer les interventions et de stabiliser progressivement la situation. Le Premier ministre, SifiG hrieb, a réaffirmé les instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à assurer une prise en charge totale des blessés et des sinistrés et à répondre rapidement aux préoccupations des citoyens.
Pour les familles endeuillées, aucune reconstruction matérielle ne pourra effacer la perte d’un proche. Pour les blessés, le chemin vers le rétablissement peut être long. Quant aux personnes ayant perdu leur habitation ou leurs biens, elles devront retrouver un toit, reprendre leurs activités et reconstruire leur quotidien.
Lors de sa visite à l’hôpital des grands brûlés Dr Saïd-Chibane de Zéralda, le président Tebboune s’est enquis de l’état de santé des blessés et des conditions de leur prise en charge. La mobilisation des moyens médicaux et le suivi spécialisé resteront essentiels dans les prochaines semaines et les prochains mois.
Mais l’après-incendie ne sera pas uniquement médical. Il devra également être social et économique.
Des emplois menacés
Les incendies ont frappé des espaces forestiers et des habitations, mais aussi des activités qui font vivre des milliers de familles. Exploitations agricoles, élevages, commerces, ateliers, entreprises, activités artisanales et touristiques ont pu subir des destructions ou être contraints à l’arrêt.
Derrière chaque entreprise touchée, il y a des salariés. Derrière chaque exploitation sinistrée, une famille. La question de l’emploi devient donc l’un des grands enjeux de l’après-incendie.
Que deviendront les travailleurs dont l’entreprise a été détruite ou suspendue ? Comment aider les employeurs à réparer leurs locaux, à remplacer leurs équipements et à reconstituer leurs stocks ? L’objectif sera d’éviter que les pertes matérielles ne se transforment en précarité durable.
Relancer le tissu économique local
Le retour à l’activité sera déterminant pour les territoires sinistrés. Chaque commerce qui rouvre, chaque atelier qui redémarre et chaque exploitation qui reprend sa production contribue à préserver des emplois et à rétablir les revenus des ménages.
Cela nécessitera une évaluation rapide des dégâts et un accompagnement adapté : remplacement des équipements détruits, remise en état des locaux, reconstitution des stocks et soutien à la reprise d’activité.
La reconstruction économique devra ainsi accompagner celle des logements et des infrastructures afin d’éviter que les conséquences des incendies ne s’installent dans la durée.
Le secteur agricole mérite une attention particulière. Certaines exploitations peuvent avoir perdu des arbres fruitiers, du cheptel, des récoltes, des équipements ou encore des systèmes d’irrigation.
Or, une terre agricole ne retrouve pas immédiatement sa capacité de production. Un arbre fruitier détruit peut représenter plusieurs années de travail avant qu’une nouvelle plantation ne produise ses premiers fruits.
L’aide aux agriculteurs devra donc s’inscrire dans la durée. Il ne s’agit pas seulement de compenser une perte immédiate, mais de leur permettre de retrouver progressivement leur activité et leur autonomie économique.
Reboiser pour préparer l’avenir
Le Premier ministre a assuré que les régions montagneuses ravagées par les incendies
«seront reboisées et reverdiront», réaffirmant la détermination des autorités à engager cette opération.
Le reboisement dépasse la seule dimension environnementale. Il s’agit également de préserver les territoires qui soutiennent des activités agricoles, pastorales, forestières et touristiques.
La reconstruction devra donc être globale : logements, infrastructures, exploitations, entreprises, emplois, forêts et écosystèmes.
Une solidarité qui devra durer
La solidarité observée pendant les incendies constitue une première réponse. Protection civile, ANP, Gendarmerie nationale, Sûreté nationale, autorités locales, société civile et citoyens bénévoles se sont mobilisés pour secourir les populations.
L’après-crise exigera, toutefois, une solidarité différente, plus longue et plus discrète. Il faudra rester présent lorsque les secours d’urgence auront cessé, lorsque les familles reprendront leur quotidien et lorsque les entreprises et les exploitations mesureront concrètement l’ampleur de leurs pertes.
Redonner un avenir aux sinistrés
L’enjeu est désormais d’empêcher que les incendies ne condamnent durablement les populations touchées à vivre avec leurs pertes.
Soigner les blessés, soutenir les familles endeuillées, reconstruire les habitations, préserver les emplois, relancer les entreprises et permettre aux exploitations agricoles de repartir : c’est l’ensemble de cette chaîne qui déterminera la réussite de l’après-incendie.
Derrière les statistiques se cachent des vies, des projets et des années de travail. Les flammes ont détruit des biens et bouleversé des existences. La prochaine étape doit être celle du retour à la vie, de la reprise économique et de la reconstruction.
Reconstruire une maison, c’est redonner un toit. Relancer une entreprise, c’est préserver un emploi. Remettre une exploitation en activité, c’est restaurer un revenu. Et permettre à une région de repartir, c’est redonner à toute une population la possibilité de croire à nouveau en son avenir.
Assia M.
