Le dernier numéro du Journal officiel a publié le décret présidentiel portant convocation du corps électoral pour l’élection des membres des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW), prévue le samedi 28 novembre 2026.
En conséquence, la révision exceptionnelle des listes électorales débutera le dimanche 6 septembre prochain et prendra fin le 17 septembre 2026.
Dans ce contexte, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) accélère ses préparatifs en prévision des prochaines élections locales. Une réunion de travail consacrée à l’état d’avancement du dispositif électoral s’est tenue vendredi 28 août 2026 sous la présidence de Saad Arous, président de l’Autorité.
La rencontre, à laquelle ont pris part plusieurs membres du conseil de l’Anie ainsi que des cadres de l’institution, a porté sur les mesures et dispositions à mettre en œuvre en prévision de ce prochain rendez-vous électoral.
Cette réunion intervient dans un contexte marqué par la restructuration de l’Anie et son adaptation aux nouvelles exigences institutionnelles, à la suite notamment des amendements constitutionnels et des dernières modifications de la législation électorale.
Le prochain scrutin local s’annonce particulièrement complexe sur le plan organisationnel, compte tenu de son ampleur géographique, du nombre de listes attendues et du volume des candidatures dans les communes et les wilayas.
Parmi les principaux défis figure la collecte et la validation des signatures, une opération qui nécessitera une préparation rigoureuse en amont compte tenu du nombre important de candidatures.
Lors des dernières élections législatives, cette procédure avait suscité des critiques de la part de plusieurs partis et listes candidates, notamment en raison de retards dans le lancement de la validation des signatures et de l’affluence enregistrée dans certaines communes.
L’Anie devra également assurer le traitement des dossiers de candidature dans les délais légaux. Les difficultés rencontrées lors des dernières législatives dans l’examen des dossiers et l’adoption des listes définitives ont souligné la nécessité d’améliorer le dispositif et de fluidifier les procédures.
Autre chantier majeur : la mise à jour du fichier électoral, qui revêt une importance particulière dans le contexte du nouveau découpage administratif.
Le corps électoral bientôt convoqué
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, devrait, incessamment, convoquer le corps électoral, ouvrant ainsi la voie à l’organisation des élections locales vers la fin novembre, au plus tard début décembre.
Cette échéance interviendrait près de cinq ans après les dernières élections locales, organisées en novembre 2021.
Pour l’Anie, ce scrutin constituera un test majeur de sa capacité à gérer une opération électorale d’une grande ampleur, aussi bien sur le plan géographique qu’organisationnel.
L’enjeu sera notamment d’accélérer le traitement des dossiers, d’assurer une circulation efficace de l’information et de garantir la centralisation des résultats dans les délais légaux, tout en évitant les dysfonctionnements observés lors des précédentes échéances.
Une nouvelle carte électorale
Au-delà de l’organisation du scrutin, la prochaine bataille électorale sera déterminante en matière de représentation locale.
Plus de 27 000 sièges au sein des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW) seront à pourvoir, soit près de 1 000 sièges supplémentaires par rapport à la précédente répartition.
Le nouveau découpage des sièges est fixé par le décret exécutif n°26-282 du 24 août 2026, publié au Journal officiel. Le texte détermine les circonscriptions électorales ainsi que le nombre de sièges à pourvoir dans les APC et les APW à travers le territoire national.
Selon cette nouvelle répartition, le nombre de sièges des Assemblées populaires de wilaya (APW) passe de 2 004 à 2 855, soit une augmentation de 851 sièges.
Pour les Assemblées populaires communales (APC), le nombre total de sièges atteint près de 24 000 dans les 69 wilayas.
La nouvelle configuration territoriale intègre onze nouvelles wilayas.La création de ces nouvelles wilayas entraîne une réorganisation de la carte électorale, avec la mise en place de nouvelles APW et une redistribution des sièges entre les différentes communes et wilayas.
Cette nouvelle architecture administrative devrait ainsi avoir un impact direct sur la préparation des listes, la répartition des candidatures et les stratégies électorales des partis.
Les partis déjà en ordre de bataille
Les formations politiques ont, de leur côté, déjà entamé leurs préparatifs en vue du scrutin.
Plusieurs partis ont commencé à ouvrir les candidatures au sein de leurs structures afin d’identifier les militants et personnalités susceptibles de figurer sur leurs listes pour les APC et les APW.
Avec l’augmentation du nombre de sièges à pourvoir et la multiplication des circonscriptions, la compétition devrait être particulièrement intense. Les partis devront finaliser leurs listes et privilégier des candidats capables de mobiliser les électeurs et de conquérir le maximum de sièges.
Les prochaines élections locales s’annoncent ainsi comme un double défi : pour les formations politiques, appelées à bâtir des listes compétitives dans une nouvelle configuration territoriale, et pour l’Anie, qui devra démontrer son efficacité dans la gestion d’un scrutin d’une ampleur exceptionnelle depuis la mise en œuvre du nouveau découpage administratif.
S.R.
