Le président de la première chambre pénale de la cour d’appel d’Alger, Hammiche Kamel, a décidé de reporter au 15 octobre prochain le procès opposant l’ex-présidente de la CGEA, Saïda Naghza, à l’homme d’affaires Abdelatif Ghadir.
Par Redouane Hannachi
Ce dernier accuse l’inculpée de lui avoir soutiré plus d’un milliard de centimes dans le cadre d’une transaction portant sur la vente d’une carrière située dans la wilaya de Sidi Bel Abbès. Selon lui, la mise en cause n’a jamais honoré ses engagements et a disparu après avoir perçu l’argent, cessant même de répondre à ses appels téléphoniques. L’audience n’a finalement pas eu lieu, son avocat ayant sollicité un délai supplémentaire. Le procureur général a accédé à cette demande afin de faciliter la liaison entre la cour et la prison de Koléa, où elle est incarcérée. La défense a également invoqué l’état de santé fragile de sa cliente, affirmant que celle-ci n’était pas en mesure d’assister à l’audience. Il convient de rappeler que les magistrats avaient déjà rejeté la demande de liberté provisoire introduite par ses avocats. Ceux-ci soutenaient que l’incarcération avait entraîné une nette dégradation de son état de santé. Mais pour les juges, les arguments médicaux avancés ne justifiaient pas une telle mesure, estimant que les motifs invoqués ne tenaient pas. Saïda Neghza, détenue à Koléa depuis le 9 juillet dernier, a été condamnée à quatre ans de prison ferme et un million de dinars d’amende, avec mandat de dépôt, dans le cadre de l’affaire dite de «l’achat de parrainages» aux élections présidentielles de 2024.
Le jour du verdict, elle avait été transférée en urgence à l’hôpital Mustapha Pacha après un malaise survenu une heure avant l’énoncé de la décision. Lors de son réquisitoire, le procureur général près la cour d’appel d’Alger, El Orabi Tahar, avait requis dix ans de prison ferme assortis d’une amende d’un million de dinars contre l’ancienne patronne de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA), l’accusant de fraude électorale et d’octroi d’indus avantages. De son côté, le parquet du tribunal de première instance avait réclamé huit ans de prison ferme à l’encontre de ses deux fils, impliqués dans le même dossier. Déjà, lors d’un premier procès devant le pôle économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, spécialisé dans les affaires de corruption et de malversation, Saïda Neghza avait écopé d’une peine de dix ans de prison ferme. Ce jugement avait été prononcé par le président de la troisième section de cette juridiction. L’ex-présidente de la CGEA n’avait pas manqué de faire parler d’elle lors de cette audience. Face à la présidente de la cour, Mme Dahmani Naïma, l’inculpée avait déclaré que «les autres prévenus cités dans ce dossier ne sont ni de près ni de loin impliqués. Ils sont innocents des accusations graves portées contre eux au cours de l’enquête préliminaire et de l’instruction judiciaire».
Ainsi, le feuilleton judiciaire de Saïda Neghza, mêlant affaires d’escroquerie, fraude électorale et abus de confiance, se poursuit et devra connaître un nouvel épisode le 15 octobre prochain.
R.H.
