Le corps de l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé ce vendredi 3 juillet dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront ses funérailles d’une ampleur inédite.
Les obsèques ont lieu quatre mois après sa mort, survenue le 28 février dernier dans sa résidence, dans une frappe israélo-américaine. Décédé à 86 ans, il est à ce jour, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l’avènement en 1979 de la République islamique.
Le cercueil d’Ali Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l’Iran, est arrivé dans l’enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe religieux de la capitale. Ses murs sont couverts de grands portraits de l’ayatollah Khamenei, qui a été guide suprême pendant trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.
À l’entrée de la mosquée où sera exposée la dépouille de l’ayatollah, ouvriers et secouristes s’affairaient en pleine chaleur aux derniers préparatifs. «Les gens vont venir de tout l’Iran. Il y aura énormément de monde», souffle Hossein Moghadassi, un employé de 43 ans, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l’ouverture des portes à 06h (heure locale) samedi.
Le complexe de la Mosalla, conçu pour accueillir les grandes prières du vendredi, commémorations officielles et rassemblements religieux, restera ouvert jour et nuit jusqu’à lundi 6 juillet. Un cortège transportant la dépouille d’Ali Khamenei défilera ensuite dans les rues de Téhéran, avant de gagner mardi 7 juillet la ville sainte de Qom.
Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d’une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l’ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.
Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars, mais reportées en raison de la guerre, s’annoncent comme les plus grandes de l’histoire en Iran. En 1989, à la mort de son prédécesseur, le fondateur de la République islamique l’ayatollah Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.
Aux côtés du cercueil d’Ali Khamenei, seront exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d’une de ses filles, d’un gendre, d’une belle-fille et d’une petite-fille. Une image du dirigeant le poing levé, symbole de sa résistance revendiquée face à l’Occident, est omniprésente sur le site. «Ton nom restera éternel sur cette terre d’or», proclame une bannière, tandis que dans les rues de Téhéran, nombre d’affiches et de slogans rendent hommage au «martyr».
La présence du fils d’Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n’a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n’est pas apparu en public.
Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu’à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence à partir de samedi et se veut une démonstration de force après la guerre de près de 40 jours qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.
Aucun dirigeant européen n’a été convié. «Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l’histoire», a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.
R.I
