Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a donné des instructions pour accélérer les préparatifs liés à la mise en service d’un dispositif de mesure de la vitesse et du temps de conduite des véhicules de poids lourd et de transport de voyageurs.
La mesure est saluée par le Syndicat national des transporteurs de taxis, qui appelle, toutefois, à accompagner les nouvelles exigences de sécurité par un soutien accru aux professionnels du secteur.
Le gouvernement accélère le processus de renforcement du contrôle de la sécurité routière. Lors d’une réunion de coordination consacrée au suivi des préparatifs techniques et réglementaires, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a instruit ses cadres de hâter les démarches nécessaires à l’activation et à l’exploitation du dispositif de mesure de la vitesse et du temps de conduite à bord des véhicules de transport de voyageurs et des poids lourds.
Le ministre a également demandé l’élaboration de propositions et de scénarios permettant de concrétiser ce dispositif, avec pour objectif de renforcer l’efficacité du système de sécurité routière, de réduire les infractions liées à la vitesse et de contribuer à la prévention des accidents de la circulation.
Cette démarche s’inscrit dans l’application des dispositions de l’article 85 de la loi n° 26-09 du 12 mai 2026 portant code de la route.
Les transporteurs de taxis saluent une mesure «positive»
Le Syndicat national des transporteurs de taxis (SNTT) a accueilli favorablement l’initiative ministérielle. Pour l’organisation syndicale, la mise en place de ce dispositif constitue une étape importante dans le renforcement de la sécurité des usagers de la route et la lutte contre les comportements dangereux.
Le syndicat affirme soutenir les mesures visant à mieux organiser le secteur des transports et à relever les standards de sécurité. Il estime, néanmoins, que la réussite de ces réformes doit aller de pair avec l’amélioration des conditions de travail des professionnels.
Dans ce contexte, la SNTT réclame notamment des facilités et de véritables incitations permettant aux transporteurs de renouveler leur parc automobile et de se conformer aux nouvelles normes de sécurité. Elle plaide également pour une amélioration de la rentabilité des chauffeurs et des transporteurs, notamment à travers une révision des tarifs du transport afin de tenir compte de l’augmentation des coûts d’exploitation.
Le renouvellement des bus au cœur des préoccupations
Dans une intervention consacrée aux dernières mesures concernant les véhicules de transport, le président du syndicat, Sidi Ali Aït El Hocine, a également évoqué la décision de retirer les documents d’exploitation et les cartes grises des autobus ayant atteint l’âge de 30 ans ou davantage.
Le responsable syndical considère cette décision comme «pratique et positive» sur le principe, estimant qu’elle répond à la nécessité de moderniser le transport public, qu’il s’agisse des autobus, des taxis ou des autres modes de transport collectif.
Il appelle, toutefois, à tenir compte de la situation des professionnels, notamment à l’approche de la rentrée sociale et scolaire prévue en septembre. Selon lui, la majorité des transporteurs ont déjà engagé les démarches nécessaires auprès des directions des transports, tandis qu’une partie d’entre eux reste confrontée à des difficultés financières.
Parmi les principaux obstacles figure le coût particulièrement élevé du renouvellement des véhicules. Le responsable syndical souligne que le prix d’un autobus neuf peut atteindre plusieurs dizaines de millions de dinars, voire davantage selon les modèles et les équipements, alors que les revenus des transporteurs ne permettent pas toujours de supporter de tels investissements.
«La sécurité doit aller de pair avec la protection du professionnel»
Pour Sidi Ali Aït El Hocine, l’incapacité de certains transporteurs à renouveler leurs véhicules ne relève pas uniquement d’une question de volonté. Il évoque également le poids du financement, les crédits contractés et la baisse de rentabilité de l’activité.
Le syndicat rappelle ainsi que les dispositifs de renouvellement financés par des crédits bancaires, des facilités ou des mécanismes de soutien peuvent constituer une réponse positive, à condition que les transporteurs disposent des moyens nécessaires pour rembourser leurs engagements.
L’organisation affirme avoir abordé ces préoccupations lors de précédentes rencontres avec les pouvoirs publics et indique avoir demandé une réflexion sur les modalités d’évolution de la tarification du transport. L’objectif est, selon elle, de trouver un équilibre entre la préservation du pouvoir d’achat des usagers et l’amélioration du revenu des professionnels.
À travers ses différentes revendications, la SNTT défend donc une approche fondée sur un principe : l’amélioration de la sécurité routière ne peut être durable que si elle s’accompagne d’une modernisation du parc et d’une amélioration des conditions économiques des transporteurs.
I. Khermane
