L’Algérie vient de barrer le chemin aux Emiratis dans le projet Onuba (le Vallon de l’hydrogène vert en Andalousie) en Espagne qu’ils voulaient contrôler à hauteur de 40% à travers leur firme Masdar.
Mais c’était sans compter sur le rapprochement stratégique décisif entre Madrid et Alger. Aujourd’hui, les Émirats arabes ont fini par se désister de ce projet d’hydrogène vert de 3 milliards d’euros. Ainsi, l’offensive avortée de Taqa sur Naturgy n’a pas eu lieu. Le retrait financier s’est opéré en un temps record.
À peine 78 jours après avoir officialisé sa participation dans le projet Onuba, la firme émiratie Masdar a engagé des négociations pour céder ses 29 % de parts. Ce projet industriel majeur vise la production de 45.000 tonnes d’hydrogène vert par an dès sa première phase et bénéficie de 303,75 millions d’euros d’aides publiques européennes. Cette nervosité d’Abu Dhabi a coïncidé avec le réchauffement diplomatique et commercial récent entre l’Espagne et l’Algérie.
Les relations entre Alger et Madrid ont connu une dynamique de relance marquée par la réactivation du traité d’amitié et de bon voisinage, suivie de visites de haut niveau pour cimenter la coopération économique. La véritable fracture s’est jouée autour du géant gazier espagnol Naturgy.
La tentative du groupe émirati Taqa de racheter une part stratégique de l’entreprise s’est heurtée à une réalité incontournable : la position de l’Algérie, fournisseur clé en gaz naturel de l’Espagne. Elle a fermement fait savoir que la révision des contrats d’approvisionnement serait inévitable si un acteur hostile à ses intérêts prenait le contrôle de Naturgy.
Le projet de rachat de parts du géant gazier espagnol Naturgy par le groupe émirati Taqa a échoué. L’opposition ferme de l’Algérie, premier fournisseur de l’Espagne et partenaire clé de Naturgy via Sonatrach, a poussé Madrid et les actionnaires à écarter l’offre, protégeant ainsi la sécurité des approvisionnements.
L’Algérie a fait savoir qu’une telle cession modifierait l’équilibre du partenariat stratégique et menacerait les livraisons de gaz naturel transporté par le gazoduc Medgaz. Les autorités algériennes s’étaient déjà opposées par le passé à l’inclusion d’actifs situés en Algérie lors de transactions de rachat d’entreprises espagnoles par des fonds d’Abou Dhabi (comme le dossier GS Inima/Taqa), affirmant ainsi leur souveraineté sur leurs infrastructures nationales.
L’Algérie a refusé l’entrée du groupe émirati Taqa dans deux usines de dessalement d’eau de mer, selon les informations rapportées, hier par le journal espagnol El Confidencial. Cette opération internationale concerne le rachat de la société espagnole GS Inima, filiale du groupe sud-coréen GS Group, par la compagnie d’Abou Dhabi Taqa, pour un montant estimé à environ 1,1 milliard de dollars. Mais la transaction ne pourrait pas inclure certaines activités situées en Algérie.
Madrid privilégie la stabilité
Les autorités algériennes ont exprimé leur opposition à ce que les usines de dessalement de Mostaganem et de Cap Djinet (Boumerdès) soient intégrées dans ce transfert.
Ces deux unités représentent des actifs liés à la production d’eau potable à partir de l’eau de mer, un domaine considéré comme stratégique en Algérie. Finalement, l’Espagne a privilégié la stabilité de ses relations énergétiques avec l’Algérie plutôt que l’entrée des capitaux émiratis au capital de son principal distributeur.
Face aux blocages politiques et aux exigences diplomatiques incontournables des trois nations, le groupe émirati a jeté l’éponge. Soucieux de garantir sa sécurité énergétique, le gouvernement espagnol a refusé de céder aux exigences émiraties, la corrélation entre le rapprochement algéro-espagnol et la révision des investissements émiratis est au cœur des débats à Madrid
. Face à ce qu’il convient de qualifier de tentative de chantage énergétique, l’Espagne s’est tournée vers l’Europe. En remplaçant des capitaux émiratis volatils par des fonds de soutien souverains et européens, Madrid démontre que la sécurité des approvisionnements et l’alliance stratégique avec l’Algérie priment sur les spéculations financières extérieures.
H. Adryen
