Sous la présidence algérienne, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA appelle à renforcer l’action face aux conflits, au terrorisme et au trafic d’armes.
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, sous la présidence de l’Algérie, a consacré une réunion à l’état d’avancement de la mise en œuvre de la feuille de route de l’organisation continentale visant à «faire taire les armes» en Afrique. Les discussions ont porté sur les progrès réalisés, mais aussi sur les nombreux obstacles qui continuent de compromettre la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent.
Dans son intervention d’ouverture, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, l’ambassadeur Mohamed Khaled, a souligné la portée «stratégique» de cette réunion. Il a rappelé que l’initiative «Faire taire les armes» constitue une priorité majeure de l’Union africaine et s’inscrit parmi les projets phares de l’Agenda 2063.
Pour le diplomate algérien, l’enjeu ne consiste plus seulement à dresser un bilan de la mise en œuvre de la feuille de route, mais à donner un nouvel élan à l’initiative à travers des décisions concrètes et une accélération de l’action sur le terrain. Face à la persistance des conflits et des crises sécuritaires, malgré les mécanismes et programmes mis en place par l’Union africaine, l’Algérie plaide pour un changement d’approche.
Il s’agit, désormais, selon son représentant, de passer «des engagements à des actions efficaces et immédiates». Mohamed Khaled a ainsi appelé à une évaluation sans complaisance des progrès réalisés, à l’identification des obstacles, à la mise en œuvre de la feuille de route et à l’adoption de recommandations opérationnelles.
Il a notamment insisté sur la nécessité de faire de l’objectif de «faire taire les armes», une priorité permanente, estimant qu’il «doit être un objectif quotidien et non un agenda reporté à 2030».
Les conflits et les nouvelles menaces
La réunion a été marquée par plusieurs interventions de haut niveau, notamment celles de Mohamed Ibn Chambas, haut représentant de l’Union africaine pour l’initiative «Faire taire les armes», de Liberata Mulamula, envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que d’un représentant du Bureau des Nations unies auprès de l’Union africaine.
Le CPS a salué les efforts engagés dans le cadre de l’Agenda «Faire taire les armes», notamment en matière de diplomatie préventive, d’alerte précoce, de coopération régionale et de consolidation de la paix. Il a également souligné l’importance d’une participation accrue des femmes, des jeunes et de la société civile dans les processus de prévention et de résolution des conflits.
Mais les défis restent considérables. Le Conseil a exprimé sa préoccupation face à la persistance des conflits, du terrorisme, de l’extrémisme violent et du trafic illicite d’armes. Il a également mis en garde contre l’émergence de nouvelles menaces liées au cyberespace et à l’intelligence artificielle.
Dans ce contexte, le CPS a appelé à réduire le fossé entre l’alerte précoce et l’action précoce, tout en renforçant la diplomatie préventive et les mécanismes de médiation. Il a également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des conflits et de consolider la bonne gouvernance, l’État de droit et les institutions démocratiques.
Vers un plan d’action pour 2026-2030
Le Conseil s’est félicité du renforcement de la coopération entre l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux, en vue d’élaborer un plan d’action commun pour 2026-2030. Les États membres sont appelés à intégrer les objectifs de la feuille de route dans leurs politiques nationales, à renforcer le suivi des progrès et à accélérer la mise en œuvre de plans d’action nationaux.
Le financement demeure un enjeu central. Le CPS a plaidé pour des ressources africaines durables, prévisibles et suffisantes, ainsi que pour le renforcement des partenariats avec les institutions financières, le secteur privé et les partenaires internationaux.
Les communautés économiques régionales et mécanismes régionaux sont également invités à intensifier la lutte contre la prolifération et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre, tout en renforçant la coordination politique. À travers ces engagements, l’Union africaine entend accélérer la mise en œuvre de l’Agenda «Faire taire les armes».
Pour l’Algérie, qui présidait les travaux, l’enjeu est désormais de traduire les engagements politiques en actions concrètes afin de faire progressivement de cet objectif une réalité sur le terrain.
R.N
