Face aux contraintes persistantes qui freinent la réalisation des projets, les pouvoirs publics renforcent le pilotage de l’investissement à travers deux chantiers majeurs : la récupération et la valorisation du foncier économique disponible, ainsi qu’une évaluation globale de l’écosystème de l’investissement.
Le gouvernement intensifie les efforts pour améliorer le climat d’investissement en s’appuyant sur deux axes prioritaires : la mobilisation du foncier économique et l’évaluation globale de l’écosystème de l’investissement. L’objectif affiché est de lever les obstacles qui entravent la concrétisation des projets et de renforcer l’attractivité de l’économie nationale.
Selon des sources médiatiques, les pouvoirs publics ont renforcé le suivi du dossier du foncier économique en demandant aux ministères concernés de transmettre régulièrement des rapports sur l’état d’avancement des mesures engagées. Cette démarche vise à faire du foncier un véritable levier de développement économique, alors qu’il constitue depuis plusieurs années l’un des principaux obstacles rencontrés par les investisseurs.
Dans ce cadre, le gouvernement a lancé un vaste recensement des actifs fonciers excédentaires détenus par les entreprises publiques, ainsi que des biens immobiliers provenant des entreprises dissoutes. Après la clarification de leur situation juridique, ces terrains seront intégrés au portefeuille foncier destinéà l’investissement afin d’être réorientés vers des projets générateurs de valeur ajoutée et d’emplois.
Récupération des terrains inexploités
Parallèlement, les autorités accélèrent l’assainissement du foncier économique à travers la récupération des terrains inexploités ou attribués sans concrétisation des projets annoncés. Cette opération vise à lutter contre la rétention foncière et à remettre ces assiettes dans le circuit économique au profit de nouveaux investissements.
Le gouvernement prévoit également d’accélérer la mise en activité des organismes chargés de l’aménagement du foncier économique et de la gestion des zones industrielles et des zones d’activités. L’objectif est de mettre à disposition des investisseurs des terrains viabilisés, notamment dans les wilayas où la demande est la plus forte, tout en réduisant les délais liés au traitement des dossiers d’investissement.
Une évaluation globale du climat des affaires
En parallèle, les autorités ont engagé une évaluation nationale du système d’investissement. Pilotée par un groupe de travail interministériel, cette opération vise à établir un diagnostic approfondi de la situation de l’investissement en Algérie, à mesurer son impact économique et social et à identifier les principaux facteurs qui limitent l’efficacité des politiques publiques.
Cette évaluation repose sur trois axes essentiels : l’analyse des performances de l’investissement et de leur évolution, l’identification des contraintes réglementaires, administratives et opérationnelles auxquelles sont confrontés les investisseurs, ainsi que la mise en place d’une plateforme numérique de suivi en temps réel fondée sur des indicateurs clés de performance (KPI).
Le Cread mobilisé pour accompagner le diagnostic
Dans ce cadre, le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) a été chargé d’élaborer un rapport d’étape destiné à apporter son expertise scientifique à l’évaluation en cours et à contribuer à la formulation de recommandations.
Les ministères et organismes concernés ont également été appelés à transmettre, dans les délais impartis, l’ensemble des données et statistiques disponibles relatives à l’investissement. Des points focaux ont été désignés afin d’assurer une coordination permanente, de faciliter les échanges d’informations et d’harmoniser les bases de données.
Un suivi renforcé des résultats attendus
Selon les mêmes sources, un calendrier de suivi rigoureux a été établi. Des rapports périodiques seront adressés aux plus hautes autorités afin de rendre compte de l’avancement de la mobilisation du foncier économique, du nombre de terrains intégrés au portefeuille foncier dédié à l’investissement, des difficultés rencontrées, des solutions apportées ainsi que des résultats de l’évaluation du climat de l’investissement.
À travers cette démarche, le gouvernement entend passer d’une logique de gestion administrative à une culture de pilotage fondée sur le suivi des résultats et l’évaluation des performances. Une approche destinée à accélérer la réalisation des projets, à améliorer durablement le climat des affaires et à renforcer la contribution de l’investissement productif à la diversification de l’économie nationale, au-delà du secteur des hydrocarbures.
S.R.
