Les performances de l’agriculture algérienne sont suivies de près par le Département d’Etat à l’agriculture (USDA).
A travers les données obtenues grâce aux images satellitaires, Washington livre une photographie de la production algérienne pour la campagne 2025-2026, faisant ressortir une progression de plusieurs filières, notamment les céréales et les produits issus de la trituration du soja.
L’USDA) a dévoilé ses prévisions pour la production agricole en Algérie pour 2026, à travers une exploitation des images satellitaires. Les données de l’USDA se révèlent optimistes et confirment une nette amélioration des rendements par rapport aux années passées.
Dans son rapport d’évaluation, le département américain de l’Agriculture estime la production céréalière de l’Algérie à 4,65 millions de tonnes pour la saison 2025-2026, incluant 3,2 millions de tonnes de blé en hausse de 7% par rapport à 2025 et 1,35 million de tonnes d’orge attendues pour nourrir le cheptel ovin, en hausse de 13% et 12.000 tonnes récoltées de maïs, un volume stable.
Ce bilan positif met en valeur les progrès de la production locale et l’essor de la filière des tourteaux de soja. Malgré cette hausse notable de la production locale, l’Algérie continue de composer avec ses besoins d’approvisionnement et maintient des importations ciblées pour satisfaire l’intégralité de sa demande nationale, notamment en blé tendre.
Des niveaux de production inédits attendus
Grâce à une pluviométrie exceptionnelle et un soutien sans précédent, l’Algérie s’apprête à enregistrer des niveaux de production inédits de blé dur et d’orge pour la campagne moissons-battages 2026. Les prévisions officielles annoncent la plus forte production de blé dur et d’orge enregistrée depuis l’indépendance.
La production de blé en Algérie pour la campagne 2025-2026 a été estimée à 4,2 millions de tonnes, selon le système mondial d’information et d’alerte précoce de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Ces chiffres satisfaisants sont corroborés par le président du Conseil national interprofessionnel de la filière céréales (CCIFC) Ghani Benali, qui a confirmé le caractère exceptionnel de cette campagne. Selon lui, cette réussite est le fruit de précipitations généreuses, du travail acharné des agriculteurs et d’une mobilisation générale de l’État.
Les centres de collecte des céréales de l’OAIC resteront ouverts jusqu’au 30 septembre 2026 pour clôturer la campagne. Le lancement de la campagne labours-semailles 2026-2027 s’organise en parallèle, avec le dépôt des dossiers de crédit R’fig auprès de la BADR.
La transformation plus profonde de la stratégie céréalière algérienne, portée par des perspectives de récolte favorables et la volonté de desserrer l’étreinte des marchés extérieurs semble porter ses fruits. C’est ce qui ressort des dernières données publiées par la Commission européenne et relayées par Reuters, qui dressent un état précis des échanges de blé tendre, d’orge et de maïs pour la campagne 2025-2026.
Au 14 juin, les exportations totales de blé tendre de l’Union européenne atteignent 22,38 millions de tonnes pour la campagne 2025/26, contre 22,05 millions la semaine précédente. Ce volume affiche une progression de 7% par rapport à la même période de la campagne de 2024/25.
Réduire la dépendance aux importations
Sur la même période de l’année dernière, l’Algérie avait acheté 1.954.410 tonnes de blé tendre auprès de l’Union européenne. L’écart atteint 808.632 tonnes, soit un repli de 41,37% en l’espace d’une année. Cette baisse marquée s’explique avant tout par l’amélioration des perspectives de production céréalière nationale pour cette campagne.
Elle s’inscrit également dans une volonté plus large de réduire la dépendance algérienne aux marchés extérieurs, dans un contexte où la multiplication des crises géopolitiques continue de peser sur les cours des matières premières. Si l’Algérie continue d’importer du blé tendre, qui sert notamment à la fabrication de la farine pour le pain, l’autosuffisance en blé dur, qui est utilisé pour fabriquer la semoule, pourrait être atteinte dès cette année. Le soutien de l’Etat a été primordial, un soutien qui concerne les semences, les engrais, le matériel, le carburant et les prêts de campagne.
Pour Tarik Hartani, membre du Conseil national de la sécurité alimentaire et coordinateur de ce comité de réflexion, l’Algérie est «confrontée à l’irrégularité des précipitations, à la perturbation des cycles culturaux, à la dégradation des écosystèmes et à l’érosion continue de la biodiversité agricole».
Selon lui, «la communauté scientifique est appelée à développer des solutions innovantes, fondées sur la recherche, afin d’accompagner la modernisation de l’agriculture et de répondre durablement aux défis environnementaux, alimentaires et économiques auxquels le pays est confronté».
H.A
