Avec 44,3 milliards de dollars d’exportations en 2025, l’Algérie confirme la place stratégique de l’Union européenne. L’Italie, l’Espagne et la France concentrent à elles seules une part majeure des débouchés, tandis que les importations progressent à 48,8 milliards de dollars.
L’Union européenne conserve une position dominante dans le commerce extérieur algérien. En 2025, elle a absorbé près de 68% des exportations algériennes, confirmant son statut de premier débouché pour les produits du pays.
Selon les données de l’International Trade reprises dans la fiche «Algérie 2026» de l’ICEX España Exportación e Inversiones, publiée en août 2026 par l’Office économique et commercial d’Espagne à Alger, les exportations algériennes de marchandises se sont établies à environ 44,3 milliards de dollars en 2025. Un niveau en baisse par rapport à l’année précédente, dans un contexte marqué par le recul des recettes liées aux hydrocarbures.
L’Italie prend les commandes
Au sein du marché européen, l’Italie s’est imposée comme le premier débouché des exportations algériennes, devant l’Espagne et la France.
Avec environ 25% des exportations algériennes, Rome occupe une position privilégiée dans les échanges extérieurs du pays. L’Espagne suit avec une part proche de
16%, tandis que la France représente environ 13%.
Cette hiérarchie traduit notamment la montée en puissance des relations énergétiques algéro-italiennes. L’Italie figure parmi les principaux clients du gaz algérien et bénéficie de relations particulièrement étroites avec Alger dans le secteur énergétique.
La place occupée par les hydrocarbures reste d’ailleurs déterminante dans les performances à l’export. Les combustibles et huiles minérales ont généré près de 39,4 milliards de dollars de recettes en 2025.
Une diversification encore limitée
Les exportations hors hydrocarbures enregistrent toutefois quelques performances notables. Les engrais ont généré plus de 1,4 milliard de dollars, tandis que les produits sidérurgiques et certaines substances chimiques ont également connu des progressions.
Ces résultats restent, cependant, insuffisants pour modifier en profondeur la structure des exportations algériennes. La dépendance aux hydrocarbures demeure particulièrement forte et continue de rendre les recettes extérieures sensibles à l’évolution des marchés énergétiques internationaux.
En dehors de l’Europe, la Corée du Sud, les États-Unis et le Royaume-Uni figurent parmi les principales destinations des produits algériens.
Près de 49 milliards de dollars d’importations
Du côté des importations, la tendance est différente. L’Algérie a acheté près de 48,8 milliards de dollars de marchandises à l’étranger en 2025, soit davantage qu’en 2024.
La structure de ces achats met en évidence les besoins persistants de l’économie nationale en équipements et en biens nécessaires à l’investissement. Les machines et appareils mécaniques arrivent en tête, avec une facture proche de 7,8 milliards de dollars.
Les véhicules et tracteurs suivent avec près de 5,9 milliards de dollars, après une progression particulièrement marquée sur un an. Les équipements électriques constituent également un poste important.
Cette évolution reflète les besoins liés à l’investissement, aux infrastructures, à l’industrie et au renouvellement du parc de transport.
À l’inverse, certaines catégories d’importations ont reculé, notamment les céréales, dont la facture s’est nettement contractée en 2025, ainsi que les matières plastiques.
Le retour de l’Espagne
Les chiffres relatifs aux échanges algéro-espagnols illustrent le redressement progressif des relations commerciales entre les deux pays après une période de fortes tensions.
Les exportations espagnoles vers l’Algérie sont ainsi passées d’environ 861 millions de dollars en 2024 à près de 2,4 milliards de dollars en 2025.
Le mouvement est encore plus important dans l’autre sens. Les achats espagnols de produits algériens ont dépassé 7 milliards de dollars, principalement sous l’effet des approvisionnements énergétiques.
La dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2026. Les exportations espagnoles vers l’Algérie ont atteint environ 1,5 milliard de dollars, tandis que les importations espagnoles depuis l’Algérie ont approché 3,6 milliards de dollars.
Un paradoxe demeure toutefois : malgré l’importance des flux commerciaux, les investissements directs étrangers restent relativement modestes.
Le cas espagnol est particulièrement révélateur. La reprise des échanges n’a pas encore été accompagnée par une progression comparable des nouveaux investissements espagnols en Algérie.
Pour Alger comme pour ses partenaires européens, le défi consiste désormais à franchir une nouvelle étape : passer d’une relation largement fondée sur les échanges de marchandises et l’énergie à une coopération davantage axée sur l’investissement productif, les partenariats industriels, le transfert de technologie et la création de chaînes de valeur locales.
Avec près de 70% de ses exportations dirigées vers le marché européen, l’Algérie conserve ainsi dans l’Union européenne un partenaire commercial incontournable. Mais l’enjeu des prochaines années sera de transformer cette dépendance commerciale en une relation économique plus équilibrée et davantage créatrice de valeur.
H. Adryen
