Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, est attendu dans la capitale malienne à cette occasion, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement algérien.
Les relations entre le Mali et l’Algérie s’apprêtent à connaître un nouveau temps fort avec la tenue, les 9 et 10 septembre à Bamako, de la 13ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre les deux pays. Le Premier ministre algérien, Sif iGhrieb, est attendu dans la capitale malienne à cette occasion, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement algérien.
Cette rencontre intervient après plusieurs années d’interruption de cette instance bilatérale. Sa réactivation constitue, à elle seule, un premier résultat concret de la relance des relations entre Alger et Bamako. Elle devrait permettre aux deux parties d’évaluer l’état d’avancement des accords conclus par le passé, d’identifier les dossiers restés en suspens et de définir de nouveaux projets correspondant aux priorités actuelles des deux pays.
Lors de la 12ᵉ session de la Grande Commission mixte, organisée à Bamako en 2016, treize accords avaient été signés dans des domaines aussi variés que l’énergie, les hydrocarbures, la recherche minière, l’eau, la santé et la promotion du commerce extérieur.
La prochaine session, de même que la relance du Conseil bilatéral stratégique et du Conseil d’hommes d’affaires, avait été décidée à l’issue de la visite à Alger du Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga. Elle devrait ainsi ouvrir une nouvelle étape dans le partenariat entre les deux pays.
L’économie au cœur de la relance
Au-delà des échanges politiques, la coopération économique pourrait constituer l’un des principaux leviers de la relance algéro-malienne. Les deux pays disposent de fortes complémentarités, notamment dans l’énergie, les infrastructures, les transports, l’agriculture, l’élevage, l’industrie et les mines.
Le Mali offre d’importantes ressources minières, agricoles et énergétiques ainsi qu’un marché aux perspectives prometteuses. L’Algérie peut, de son côté, mettre à profit ses capacités industrielles, énergétiques et technologiques pour accompagner le développement de ces secteurs.
Les hydrocarbures pourraient également revenir au centre des discussions, avec notamment la possibilité pour Sonatrach, à travers Sipex, de réexaminer les perspectives d’exploration dans le bassin de Taoudenni, au nord du Mali.
Autre enjeu majeur : la route transsaharienne, réalisée à plus de 90%. Cet axe stratégique pourrait faciliter les échanges entre les deux pays et renforcer l’accès du Mali aux marchés nord-africains.
L’enjeu sera désormais de transformer les intentions en projets concrets, en donnant davantage de place aux entreprises, aux investissements et aux partenariats économiques.
Intérêt pour les zones frontalières
La coopération ne devrait, toutefois, pas se limiter aux grands projets économiques. Les questions liées aux zones frontalières devraient également occuper une place importante dans les discussions.
Le commerce, la circulation des personnes, l’élevage, les échanges culturels, l’accès aux services essentiels et la sécurité des populations figurent parmi les enjeux qui concernent directement les communautés vivant de part et d’autre de la frontière.
La relance du Comité bilatéral frontalier, créé en 1995 afin de promouvoir des actions de coopération au bénéfice des populations des zones frontalières, pourrait ainsi donner une nouvelle dimension à la coopération de proximité entre les deux pays.
La question sécuritaire devrait également être incontournable. La lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière, le trafic d’armes et de drogue ainsi que les mouvements criminels exige une coordination constante entre les États de la région.
La relance de l’accord d’Alger
La coopération entre Bamako et Alger ne saurait se limiter au dossier de paix. Signé en 2015 à l’issue du processus d’Alger, l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali avait longtemps constitué un axe majeur des relations entre les deux pays. La question devrait de nouveau être évoquée lors de la 13ᵉ Grande Commission mixte, dans un contexte toutefois profondément transformé.
Cette rencontre pourrait ainsi servir à maintenir le dialogue, réactiver les mécanismes institutionnels de coopération et rechercher de nouveaux terrains d’entente.
La réactivation de la Grande Commission mixte, du Conseil bilatéral stratégique, du Conseil d’hommes d’affaires et du Comité bilatéral frontalier traduit la volonté de donner un nouvel élan à la relation algéro-malienne.La 13ᵉ Grande Commission mixte devra désormais traduire cette volonté de relance en engagements concrets.
Smail Rouha
