Il y a des guerres où l’horreur se cache derrière la propagande. Et puis il y a Ghaza, où l’horreur se révèle nue, chiffres en main. Quand la propre armée sioniste reconnaît qu’à peine 17% des morts sont des combattants, le reste —83%— étant des civils, que reste-t-il de la rhétorique de la «guerre ciblée»?
Ghaza n’est plus un champ de bataille : c’est une chambre d’extermination à ciel ouvert.
L’occupant a transformé toute une population en cible légitime. Dans la novlangue militaire, chaque Palestinien devient «Hamas» par simple présence sur son territoire. Les morts s’alignent, les statistiques se manipulent, les généraux s’enorgueillissent d’avoir «détruit» des milliers d’ennemis, quand les bases de données internes montrent un massacre de masse de civils. C’est la vieille logique du bourreau : tuer puis justifier.
La famine, désormais déclarée par les organismes internationaux, parachève le crime. Empêcher délibérément l’aide humanitaire, bloquer les convois, transformer la nourriture en arme : voilà le visage d’un pouvoir qui ne cherche pas seulement à combattre, mais à anéantir. Les enfants rachitiques de Ghaza deviennent les preuves vivantes d’une stratégie de destruction.
Les juristes parlent de génocide, et ils ont raison. Les ONG alertent, et elles ont raison. L’Histoire jugera sévèrement cette campagne qui mêle arrogance militaire et haine d’État. Mais la question demeure : où est la communauté internationale ? Où sont les grandes démocraties promptes à dénoncer la barbarie ailleurs, mais muettes devant l’évidence d’un peuple qu’on affame et qu’on enterre vivant?
Ne nous trompons pas de mots. Ce qui se déroule à Ghaza n’est pas une «bavure», ni une «tragédie collatérale». C’est une entreprise de mort méthodique, systématique, qui vise à réduire un peuple à néant. Ce que le monde regarde sans agir, c’est un génocide en direct.
S.M.
