L’heure est à l’installation des institutions de la nouvelle APN et à la définition des rapports de force au sein de l’hémicycle.
L’Assemblée populaire nationale (APN) tient, aujourd’hui, sa séance inaugurale de la dixième législature, marquant le lancement officiel du nouveau mandat parlementaire issu des dernières élections législatives. Cette première session sera consacrée à l’installation des nouveaux députés ainsi qu’à l’élection du président de la chambre basse du Parlement.
Selon le programme arrêté par l’Assemblée, la séance débutera par l’appel nominal des députés sur la base des résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle. Une commission de validation des mandats sera ensuite constituée afin d’examiner et de confirmer l’éligibilité des élus avant la présentation de son rapport. Les députés procéderont enfin à l’élection du nouveau président de l’APN, première étape dans la mise en place des institutions de la nouvelle législature.
En prévision de cette rentrée parlementaire, les partis politiques ont intensifié leurs consultations afin de finaliser la composition de leurs groupes parlementaires et de désigner leurs représentants aux différents postes de responsabilité. Le secrétaire général de l’Assemblée a, d’ailleurs, réuni les présidents des groupes parlementaires désignés afin de coordonner les préparatifs liés à l’installation de la nouvelle chambre et à l’organisation de l’élection de son président.
Les groupes parlementaires se mettent en place
Les principales formations politiques ont déjà arrêté une partie de leur organisation interne. Le Front de libération nationale (FLN) a désigné le député de Tipasa, Othmane Rachid, à la tête de son groupe parlementaire, tandis que le Front El Moustakbal a confié cette responsabilité à NasreddineOuinat, élu de la wilaya de Tiaret.
Conformément au règlement intérieur de l’APN, le bureau de l’Assemblée sera composé de 9 vice-présidents. Leur répartition devra refléter le poids des formations politiques issues du scrutin. Ainsi, le FLN, le Rassemblement national démocratique (RND) et le Front El Moustakbal disposeront chacun de deux vice-présidences, tandis que le Mouvement de la société pour la paix (MSP), le Mouvement El Bina et les députés indépendants bénéficieront chacun d’un siège.Ces fonctions sont attribuées pour une durée d’une année, renouvelable.
Une opposition déterminée à faire entendre sa voix
Si la majorité parlementaire devrait logiquement faire élire un candidat consensuel à la présidence de l’Assemblée, les partis de l’opposition entendent maintenir la tradition consistant à présenter leurs propres candidats.
Le MSP devrait ainsi désigner un prétendant à la présidence de l’APN, tout comme le Front des forces socialistes (FFS), de retour au sein de l’hémicycle après plusieurs années d’absence.
Ces formations ont multiplié les réunions avec leurs nouveaux députés afin de définir leurs priorités politiques, de coordonner leur stratégie parlementaire et de préparer leur participation aux différentes structures de l’Assemblée, notamment les commissions permanentes.
Les commissions permanentes, prochain enjeu de la législature
Après l’élection du président de l’Assemblée et l’installation des premières structures, l’attention devrait rapidement se tourner vers la mise en place des commissions permanentes, considérées comme le cœur du travail législatif.
La composition de ces commissions et la désignation de leurs présidents pourraient constituer la prochaine étape des discussions entre les groupes parlementaires. Les commissions stratégiques, notamment celles des finances et du budget, des affaires juridiques, des affaires étrangères, de la défense nationale et des affaires économiques, devraient susciter un intérêt particulier en raison de leur rôle dans l’examen des projets de loi et le contrôle de l’action gouvernementale.
Si la répartition de ces responsabilités obéit généralement au poids des groupes parlementaires au sein de l’hémicycle, elle pourrait également faire l’objet de concertations afin de préserver les équilibres politiques de la nouvelle Assemblée.
Discipline et efficacité au cœur des priorités
Au-delà de la mise en place des organes de l’Assemblée, les chefs des partis ont donné des consignes précises à leurs élus. Les nouveaux députés sont appelés à respecter la discipline de groupe, à coordonner leurs interventions lors des débats législatifs et à assurer une présence régulière au sein des commissions parlementaires, principaux espaces d’examen des projets de loi.
Les directions des partis insistent également sur la nécessité, pour les élus, de maintenir un lien étroit avec les citoyens de leurs circonscriptions afin de relayer leurs préoccupations au sein de l’institution parlementaire.
Cette dixième législature se distingue par l’arrivée de nouvelles sensibilités politiques au sein de l’hémicycle. Aux côtés des formations traditionnellement représentées, des partis comme le Front des forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Parti des travailleurs, le Front de la justice et du développement (FJD) ou encore El Fadjr El Jadid retrouvent ou renforcent leur présence, laissant entrevoir une plus grande diversité dans les débats législatifs et le contrôle de l’action gouvernementale.
Selon plusieurs sources parlementaires, la séance d’ouverture devrait se limiter à la validation des mandats et à l’élection du président de l’Assemblée. La désignation complète des membres du bureau ainsi que la répartition des responsabilités au sein des commissions permanentes pourraient être reportées à la rentrée parlementaire d’automne afin de laisser davantage de temps aux groupes parlementaires pour finaliser leurs choix et parvenir aux équilibres politiques nécessaires.
I. Khermane
