Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a affirmé, hier, à Alger, la conviction profonde de l’Algérie que les relations algéro-tchadiennes s’orientent vers des perspectives inédites.
Pour Ahmed Attaf, ces relations privilégiées sont à même d’ouvrir une nouvelle étape de leur histoire «par leur nature, leur rythme et leur contenu», sur la base des potentialités de coopération dans toutes leurs dimensions et d’une volonté commune forte. S’exprimant à l’ouverture des travaux de la 4ᵉ session de la commission mixte algéro-tchadienne, qu’il a coprésidée avec son homologue tchadien, Abdallah Sabre Fadl, il a souligné que cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une dynamique renouvelée et un élan notable dans les relations entre les deux pays.
Volonté politique
Selon lui, cette dynamique est le fruit de la volonté des dirigeants des deux États, Abdelmadjid Tebboune et Mahamat Idriss Déby Itno, qui ont, à plusieurs reprises, exprimé leur engagement à atteindre trois objectifs majeurs : accorder aux relations bilatérales toute l’attention requise à tous les niveaux, exploiter pleinement le potentiel de coopération dans les domaines d’intérêt commun, et renforcer la concertation face aux défis actuels, notamment dans la région du Sahel et du Sahara ainsi qu’à l’échelle du continent africain.
Dans cette optique, la commission mixte constitue, a-t-il ajouté, un cadre privilégié pour traduire cette volonté politique en programmes concrets et projets opérationnels, en prévision notamment de la visite officielle en Algérie du président tchadien, prévue à l’invitation du président Tebboune.
Le ministre a également mis en avant l’ambition d’élever les relations économiques au niveau des liens politiques, saluant la tenue parallèle d’un forum d’affaires algéro-tchadien, appelé à favoriser la concrétisation de cet objectif.
Coopération diversifiée
Évoquant les fondements de la coopération, Attaf a identifié trois axes principaux. Le premier concerne le renforcement des échanges commerciaux et des investissements, soutenu notamment par le lancement de la liaison aérienne directe Alger–N’Djamena, qui connaît un succès notable avec quatre vols hebdomadaires. Il a également insisté sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.
Le deuxième axe porte sur l’interconnexion des infrastructures, à travers l’accélération des grands projets structurants initiés par l’Algérie, en particulier la route transsaharienne et son prolongement en fibre optique, appelée à devenir un corridor économique stratégique pour le développement et le désenclavement des pays du Sahel, dont le Tchad.
Le troisième axe concerne le renforcement de la coopération sectorielle, notamment dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’agriculture, de l’industrie, des transports et des infrastructures. Le ministre a également insisté sur l’importance du volet humain, à travers le développement de la coopération dans les secteurs de la santé, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la formation des cadres, ainsi que dans le domaine des affaires religieuses. Il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à continuer d’accueillir des étudiants tchadiens dans ses universités et instituts.
Dynamique amorcée
De son côté, le ministre tchadien des Affaires étrangères a salué l’importance accordée par l’Algérie à la relation bilatérale, estimant que la tenue de cette session à Alger, à la veille de la visite officielle du président Mahamat Idriss Déby Itno, traduit une dynamique amorcée lors de la rencontre entre les deux chefs d’État en septembre 2024.
Il a souligné que cette réunion, après plusieurs années d’interruption, dépasse le cadre d’un simple acte diplomatique pour refléter une ambition commune, dans un contexte marqué par des défis croissants pour l’Afrique, notamment en matière de recomposition géopolitique, d’insécurité et de pressions économiques. Enfin, il a mis en avant le potentiel des deux pays à bâtir un partenariat stratégique fondé sur une complémentarité réelle, capable de générer de la valeur pour leurs peuples et de renforcer leur résilience face aux menaces sécuritaires, aux chocs économiques et aux influences extérieures dans une région sahélo-saharienne en proie à l’instabilité.
Synthèse S. M.
