Entre ambitions économiques et intégration continentale, l’Algérie se positionne comme un acteur clé du commerce africain à travers une conférence stratégique sur l’exportation et la logistique.
Alger a, une nouvelle fois, confirmé son rôle de hub régional en accueillant la 2e Conférence africaine de l’exportation et de la logistique, un rendez-vous qui s’impose progressivement comme un espace clé de dialogue économique entre opérateurs du continent.
Organisée dans un contexte marqué par l’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), cette édition a rassemblé plus de 200 exportateurs nationaux et étrangers, 25 experts en économie et logistique, ainsi qu’une quinzaine d’organismes publics. Des délégations issues de plus de 30 pays africains ont également fait le déplacement.
Moteur de l’intégration économique africaine
Pour les organisateurs, cette mobilisation témoigne d’un intérêt croissant pour les initiatives économiques portées par l’Algérie. «La présence de nombreux pays africains à nos côtés illustre clairement l’intérêt de nos partenaires pour les démarches entreprises par l’Algérie», a affirmé Hichem Saïdi, directeur de la Société des études économiques et du développement des investissements (SEEDI). Il a insisté sur le rôle moteur du pays dans la dynamique d’intégration africaine, en soulignant son engagement à concrétiser les orientations de l’Union africaine.
À l’origine de ce congrès, la SEEDI entend accompagner la transition économique du pays vers un modèle davantage tourné vers l’exportation.
«L’orientation vers les marchés extérieurs constitue un levier essentiel pour dynamiser et diversifier l’économie nationale», a rappelé Hichem Saïdi. Dans ce sillage, il a mis en avant la progression de plusieurs produits algériens sur les marchés internationaux, appelant à capitaliser sur cette dynamique pour asseoir une présence durable en Afrique.
Les perspectives économiques évoquées lors de la conférence sont significatives. Les réformes bancaires en cours, combinées à l’implantation progressive de banques algériennes sur le continent, contribuent à renforcer la confiance des opérateurs. Des contrats potentiels estimés à plus de 44 milliards de dollars sont ainsi attendus, signe de l’ampleur des opportunités en jeu.
Au-delà des chiffres, l’événement ambitionne d’améliorer le climat des affaires et de faciliter l’accès aux marchés africains pour les investisseurs et les exportateurs. Il vise également à favoriser les échanges directs entre acteurs économiques afin de stimuler la création de partenariats durables.
De son côté, Mohamed Moncef Bouderba, vice-président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), a souligné l’importance stratégique de cette rencontre. Selon lui, l’Algérie s’inscrit dans une nouvelle dynamique économique axée sur la transparence et la diversification hors hydrocarbures. Il a également mis en avant le soutien des pouvoirs publics aux entreprises nationales souhaitant se positionner sur les marchés africains, notamment dans les pays voisins et dans le cadre des zones de libre-échange.
Qualifiant la conférence
d’«opportunité précieuse», il a appelé les entreprises, PME, les start-up et les porteurs de projets à tirer pleinement profit de cet espace d’échange pour promouvoir leurs activités, s’inspirer d’expériences africaines et nouer de nouveaux partenariats.
La Zlecf au cœur des débats
Un accent particulier a été mis sur la deuxième phase de la Zlecaf, portant notamment sur les droits de propriété intellectuelle, les investissements et la politique de concurrence. Les organisateurs ambitionnent ainsi de faire de cette conférence un lieu incontournable de réflexion et de concertation interafricaine, en phase avec les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Par ailleurs, plusieurs secteurs stratégiques ont été au cœur des discussions, notamment l’agriculture, l’agroalimentaire, les industries manufacturières, le textile et les services. La maîtrise des coûts logistiques et l’identification des opportunités de promotion des produits algériens ont également occupé une place centrale dans les échanges.
En marge de la conférence, une journée B to B est prévue afin de faciliter la mise en relation entre investisseurs, producteurs, exportateurs et logisticiens. L’objectif est clair : transformer les intentions en accords concrets et renforcer la présence économique de l’Algérie sur le continent africain.
À travers cet événement, Alger confirme sa volonté de s’imposer comme un acteur incontournable du commerce intra-africain, en misant sur la coopération, l’innovation et l’ouverture des marchés.
I. Khermane
