Le numérique n’est plus une simple option de modernisation. Il constitue un levier stratégique de souveraineté, de compétitivité économique et de progrès social.
L’ICT Africa Summit 2026 a ouvert ses portes hier au Palais des expositions (Safex) à Alger. Ce sommet, l’un des événements majeurs dédiés à l’innovation numérique et au progrès technologique sur le continent africain, se tient du 21 au 23 avril. Il vise à accélérer la transformation numérique en Afrique et à renforcer la position de l’Algérie comme pôle technologique stratégique.
Selon l’organisateur Madjid Imadalou, l’événement réunit entre 100 et 150 entreprises, dont des start-up. Il combine un salon d’exposition (stands, démonstrations, solutions actuelles et futures)et un programme de conférences et de forums thématiques.
Ces espaces favorisent les rencontres B2B, le networking et les opportunités de partenariat. Les participants peuvent ainsi découvrir des innovations, échanger avec des experts et se connecter aux acteurs clés de l’écosystème numérique africain.
Madjid Imadalou a insisté sur l’importance d’intégrer les start-up afin de leur offrir une plateforme pour présenter leurs innovations et conclure des partenariats avec des entreprises établies. Il a également évoqué l’introduction de l’open innovation dans la loi de finances 2026, qui encourage les entreprises à investir 1% de leur chiffre d’affaires dans l’innovation. Cette mesure représente une opportunité importante pour les start-up.
Des conférences et des panels thématiques
En plus de l’exposition, l’ICT Africa Summit 2026 propose plus de 100 conférences et panels. Les principaux forums portent sur des secteurs clés tels que les transports,la santé et la finance.
D’autres sessions abordent des thématiques essentielles comme la cybersécurité et le cloudcomputing.
Madjid Imadalou a également souligné une nouveauté de cette édition : la mise en avant de l’industrie algérienne en pleine croissance, notamment à travers le partenaire Stream et la production locale. Les organisateurs précisent que le salon, bien qu’ayant une portée algérienne, est résolument tourné vers l’Afrique, visant à positionner le pays comme hub technologique stratégique pour le continent.
Le modèle algérien
L’ICT Africa Summit constitue une vitrine pour les avancées de l’Algérie, notamment dans les infrastructures numériques. Selon les chiffres présentés par le premier responsable d’Algérie Télécom, le pays a déployé plus de 300.000 km de fibre optique, connectant ainsi 6,4 millions de foyers, dont 3,3 millions sont désormais reliés en très haut débit via la technologie FTTH.
Par ailleurs, la modernisation des réseaux mobiles, avec la couverture 4G bénéficiant à 92% de la population algérienne, et la couverture 4G+ à 80%, soutient cette dynamique. L’arrivée de la 5G cette année devrait également permettre d’augmenter les débits de manière significative.
Ce déploiement, soutenu par une forte volonté politique, est présenté comme un modèle pour d’autres pays africains. L’Algérie s’appuie également sur son expérience dans le projet de dorsale transsaharienne à fibre optique.
Fédérer l’Afrique
La souveraineté numérique est désormais un impératif pour réaliser l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de repenser les paradigmes existants en misant sur la mise en place de partenariats solides et équitables.
L’Afrique dispose d’un potentiel exceptionnel, avec une jeunesse dynamique, des marchés en pleine croissance et une volonté forte d’accélérer sa transition numérique. Bien que les défis soient complexes, ils représentent aussi une occasion unique de structurer un écosystème numérique puissant et compétitif.
L’ICT Africa Summit 2026 s’affirme comme une plateforme stratégique pour établir des partenariats durables, partager des expertises et imaginer collectivement les solutions de demain. Les experts s’accordent à dire qu’il est aujourd’hui crucial de transformer ce potentiel en réussites concrètes par l’investissement, l’innovation et, surtout, la coopération.
S.Smati
