Le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et le Medef vont se réunir ce jeudi à Alger pour relancer une coopération business largement entravée par les tensions politiques entre les deux pays, selon l’organisation patronale menée par Patrick Martin, citée par la revue la Lettre française.
Cette visite s’inscrit dans un contexte de réchauffement des relations, après une réunion du conseil d’entreprise France-Algérie tenue en février à Paris. L’objectif de cette rencontre est de relancer la coopération économique et le partenariat entre les entreprises des deux pays.
La visite évoquée par ce dernier vise à concrétiser des opportunités d’investissements, notamment dans le cadre de la Déclaration d’Alger.
Cette démarche du patronat français fait suite à d’autres échanges, notamment une réunion avec le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) pour le lancement du Conseil d’affaires algéro-français.
En effet, il semblerait que le signal d’alarme lancé par Michel Bisac, président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), et Ségolène Royal, présidente de l’Association d’amitié France-Algérie, n’est pas resté sans écho. Tous deux ont mis en garde contre les conséquences d’un enlisement politique susceptible de coûter cher aux intérêts français.
C’est dans ce contexte que la réunion organisée le 17 février, autour de Stéphane Romatet et présidée par Yannick Morillon, président du Conseil et DG de CIS, visait à évaluer la situation et à tracer une feuille de route pour relancer la coopération économique.
L’organisation patronale entend notamment mesurer les retombées de la reprise des contacts techniques entre les deux États, mettre en avant les opportunités d’investissement en Algérie et préparer l’envoi d’une mission d’entreprise à Alger. Officiellement, il s’agit de «relancer le dialogue économique» et de remettre en chantier des «projets concrets» au bénéfice des communautés d’affaires des deux pays.
Dans son communiqué, le Medef rappelle que malgré la crise politique, les exportations françaises vers l’Algérie ont dépassé les 5 milliards d’euros en 2024, preuve de la solidité des échanges.
Dans l’annonce de la réunion, le Medef International avait considéré l’Algérie comme «un partenaire économique majeur pour la France en Afrique du Nord, offrant des perspectives significatives dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière, la santé ou encore la transition numérique et environnementale»
. Aujourd’hui, du côté des entreprises françaises présentes en Algérie, tout le monde est soulagé car les tensions ont considérablement pesé sur les échanges «bien qu’il n’y ait pas de boycott annoncé des produits français», a rappelé le président de la CCIAF. Les entreprises françaises en Algérie connaissent une baisse de compétitivité se traduisant par une perte de parts de marché.
Les relations bilatérales instables ont un impact direct sur les échanges commerciaux. La France, autrefois premier partenaire, voit sa position reculer, avec une baisse inquiétante du nombre d’exportateurs.
Le marché algérien est vital pour plus de 450 entreprises françaises qui emploient directement 40.000 personnes et offrant 126.000 emplois directs et indirects dans des secteurs tels que l’automobile (Renault), la construction (Vinci, Lafarge) et l’agroalimentaire (Danone), Malgré ce contexte difficile, certaines entreprises continuent d’explorer le marché algérien, notamment via des partenariats industriels.
Lors de visite de travail à Alger, la présidente de l’Association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal, a exprimé son optimisme, tout en rappelant que les relations commerciales entre les deux pays «sont quasiment à l’arrêt depuis près de deux ans». Elle a, néanmoins, relevé une «volonté claire du côté algérien de maintenir et relancer la coopération».
Mme Royal a, par ailleurs, plaidé pour un «recensement exhaustif de tous les partenariats existants» entre les deux pays afin d’«identifier ceux qui ralentissent et ceux qui n’ont jamais vu le jour».
H. Adryen
