Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a reçu, hier au siège du ministère, le secrétaire d’État adjoint des États-Unis d’Amérique, Christopher Landau, en visite officielle en Algérie, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des consultations politiques entre Alger et Washington, à un moment où les deux pays affichent une volonté commune de relancer et d’approfondir leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.
La rencontre a débuté par un entretien en tête-à-tête entre Ahmed Attaf et Christopher Landau, permettant aux deux responsables d’aborder les grandes lignes des relations bilatérales dans un cadre direct et confidentiel.
Elle a ensuite été élargie aux membres des deux délégations, afin d’examiner de manière plus détaillée les différents volets de la coopération algéro-américaine.
Selon le communiqué, les discussions ont permis de « passer en revue la dynamique notable que connaissent les relations algéro-américaines dans leurs différents volets », ainsi que d’« examiner les moyens de les dynamiser davantage, à travers le renforcement du dialogue stratégique et la consolidation du partenariat dans des domaines prioritaires ».
Des secteurs de coopération jugés prioritaires
Les deux parties ont mis l’accent sur plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour le développement des relations bilatérales, notamment l’énergie, secteur historique de coopération entre les deux pays, l’investissement et le commerce, avec un intérêt croissant pour les opportunités économiques en Algérie, l’innovation et les technologies, l’agriculture et la sécurité alimentaire, et le transport aérien, ainsi que l’enseignement supérieur et les échanges académiques.
Cette diversification des domaines de coopération traduit une volonté commune de dépasser les cadres traditionnels des relations bilatérales et de les inscrire dans une dynamique plus large et plus structurée.
Les enjeux régionaux et internationaux
Au-delà des aspects bilatéraux, les entretiens ont également porté sur un ensemble de questions régionales et internationales d’intérêt commun. C’est ainsi que les deux parties ont notamment évoquéla situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne, marquée par des défis persistants liés au terrorisme et à l’instabilité, ainsi que l’évolution du processus politique concernant la question du Sahara occidental, un dossier central dans les relations entre Alger et Washington.
A cet égard, l’ambassade des États-Unis en Algérie a souligné, dans un communiqué, que la rencontre a porté sur « les moyens de renforcer la coopération bilatérale entre les États-Unis et l’Algérie, y compris les opportunités commerciales, ainsi que sur les efforts conjoints visant à soutenir la stabilité régionale, à renforcer la sécurité et à promouvoir la prospérité économique ».
Cette formulation met en avant la volonté américaine de s’appuyer sur des partenariats régionaux pour consolider la stabilité en Afrique du Nord et au Sahel, tout en renforçant les liens économiques avec l’Algérie.
Des divergences persistantes
Ces discussions interviennent dans un contexte diplomatique régional en mutation, où les relations algéro-américaines connaissent une phase de reprise du dialogue, malgré certaines divergences stratégiques.
La question du Sahara occidental demeure en effet l’un des principaux points de désaccord entre les deux pays. L’Algérie réaffirme son soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions des Nations unies.
Les États-Unis soutiennent depuis 2020 la proposition marocaine d’autonomie, une position adoptée sous l’administration du président Donald Trump dans le cadre des Accords d’Abraham.
Cette divergence a contribué à des tensions diplomatiques en 2020, même si les relations entre Alger et Washington ont retrouvé, par la suite, un canal de dialogue plus régulier.
Néanmoins, la visite de Christopher Landau témoigne d’une volonté partagée de maintenir une communication politique active et d’éviter que les désaccords régionaux ne freinent la coopération dans d’autres domaines.
Les deux pays semblent ainsi s’orienter vers une approche pragmatique, centrée sur la consolidation des intérêts communs, notamment en matière économique, énergétique et sécuritaire.
S.R.
