La présidente du tribunal correctionnel de Sidi M’hamed, section des flagrants délits, a rendu hier son verdict dans l’affaire opposant les supporters du CR Belouizdad et du MC Alger, impliqués dans des affrontements survenus dans la nuit du 25 au 26 septembre à El Madania. Les 17 inculpés ont tous été libérés, la juge prononçant des peines d’un an de prison avec sursis pour certains, et la relaxe pure et simple pour les autres. Une décision accueillie avec un grand soulagement par leurs familles et proches, présents en nombre dans la salle d’audience.
Lors du procès, le procureur de la République avait requis trois ans de prison ferme contre les prévenus, accusés notamment de trouble à l’ordre public, atteinte aux forces de l’ordre et association de malfaiteurs, en application des articles 21, 25 et 31 de la loi relative à la sécurité publique. Les supporters, incarcérés à la prison d’El Harrach, comptaient parmi eux des universitaires, lycéens et cadres de sociétés publiques et privées. Devant la juge, ils ont nié en bloc les faits reprochés, assurant avoir été victimes d’une erreur d’enquête. «Les vrais responsables n’ont jamais été inquiétés. Nous avons été arrêtés injustement», ont-ils lancé à la barre. Leurs avocats ont plaidé la relaxe totale, dénonçant une procédure marquée par des imprécisions. «Les policiers se sont trompés d’adresse et ont interpellé des jeunes sans antécédents judiciaires. Ces garçons sont les futurs cadres de l’Algérie, pas des fauteurs de troubles», a martelé l’un des défenseurs. La juge, sensible aux arguments de la défense et à l’absence de preuves matérielles solides, a décidé d’accorder une seconde chance aux jeunes inculpés. Cependant, le procureur de la République a annoncé son intention d’interjeter appel devant la cour d’Alger, estimant que la peine ne reflétait pas la gravité des faits.
Cette affaire, qui a suscité un large écho médiatique, s’inscrit dans un contexte de tension récurrente entre les groupes de supporters des deux clubs mythiques de la capitale.
R.H.
