Les magistrats de la 10e chambre pénale statueront aujourd’hui sauf renvoi, dans l’affaire après cassation de Mira Mokhnache suite à l’acceptation du pourvoi en du procureur général par les juges de la Cour suprême.
Par Redouane Hannachi
Dans sa plaidoirie Me Zaidi a affirmé à l’audience l’année écoulée que toute la région de la Kabylie est contre les agissements de Ferhat Mehenni. Pour manque de preuves légales et matérielles la culpabilisant, la militante et universitaire Mira Mokhnache a été purement et simplement acquittée par le tribunal des graves accusations portées contre elle tout au long de l’instruction judiciaire notamment en ce qui concerne l’adhésion à une organisation terroriste (MAK) et apologie d’actes de terrorisme de son chef qui fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêts lancés à son encontre par la justice algérienne pour entre autres espionnage et grande trahison en faveur de l’entité sioniste.
Par ailleurs, le tribunal criminel d’Alger de la deuxième instance judiciaire a prononcé l’année écoulée, trois peines de trois ans de prison ferme à l’encontre de Benzaza Hamza, Boukhari Nacer et Smail Chabane pour s’être rendus coupables d’adhésion à une organisation terroriste et d’apologies d’actes de terrorisme. Dans la même affaire, le tribunal criminel a prononcé neuf acquittements en faveur des mis en cause poursuivis pour les mêmes chefs d’inculpation cités plus haut. Le tribunal a par ailleurs acquitté les coaccusés, Arezki Hidja, Larbi Yahioune et Nadir Chelbabi lesquels ont nié toute relation avec le mouvement classé terroriste que dirige Ferhat Mehenni. Comparaissant en prévenus libres, les mis en cause étaient poursuivis dans un dossier en lien avec le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). En revanche, les deux détenus dont Hamza Benzerara, ont écopé de deux années de prison ferme. Le procureur général a requis au cours de son réquisitoire, 10 ans de réclusion criminelle et 500 000 dinars d’amende ainsi que l’interdiction des droits civiques à l’encontre de 16 accusés, en l’occurrence Mira Moknache, Arezki Hidja, Nadir Chelbabi, Riad Benajoud, Rabah Benajoud, Smail Chabane, Abderazek Benajoud, Djaffer Djaout, Laid Karouche, Souraya Sough, Menssina Kessi, Djamel Didi, Mohamed Larbi Yahioune, Nacer Boukhari, Hamza Benzerara et Mourad Miche. Il a par ailleurs estimé que «les mis en cause faisaient partie d’une organisation criminelle qui avait pour objectifs d’attenter à la sécurité de l’Etat et de créer un climat de division».
Les prévenus non détenus ont estimé que le seul tort qu’ils ont commis est d’avoir pris des photos-souvenir avec le premier responsable du mouvement prohibé. Ils ont à ce propos déclaré à la présidente chargée du dossier : «On a pris des photos avec lui car il était considéré comme légende de la musique kabyle… ». Me Zaidi dira que 99,5% des Kabyles rejettent la politique prônée par Ferhat Mehenni et optent pour que l’Algérie reste toujours unie. Il a tenu à préciser à la présidente du tribunal que beaucoup de militants et adhérents et même sympathisants se sont retirés depuis le 27 février 2022 date à laquelle le Mouvement a été classé organisation criminelle par l’Etat algérien. Même la petite minorité qui sévissait en cachette s’est retirée du mouvement car elle estime qu’il s’agit d’une trahison aux nombreux martyrs que compte la Kabylie.
Il convient de signaler que Mira Moknache est poursuivie dans pas moins de sept affaires pénales et correctionnelles en justice, en lien soit avec le MAK, soit pour des accusations d’attroupements et des délits d’opinion. La militante a été plusieurs fois mise sous contrôle judiciaire et frappée d’interdiction de quitter le territoire national (ISTN).
R.H.