Vingt ans après le Sommet mondial sur la société de l’information (WSIS), la communauté internationale s’est réunie à New York, le 16 décembre 2025, à l’occasion de Digital@UNGA – WSIS+20 Edition, pour dresser le bilan de deux décennies de coopération numérique et préparer la révision globale du processus par l’Assemblée générale de l’ONU.
Organisé conjointement par l’Union internationale des télécommunications (UIT) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’événement a réaffirmé le rôle central du WSIS comme cadre de référence mondial de la gouvernance du numérique.
Né des sommets de Genève (2003) et de Tunis (2005), le WSIS a instauré un dialogue inédit entre gouvernements, secteur privé, société civile, monde académique et organisations internationales, autour d’un objectif fondamental : un développement numérique centré sur l’humain, inclusif et durable. Vingt ans plus tard, ce socle est confronté à des mutations profondes, marquées par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, la financiarisation des technologies et l’élargissement des fractures numériques.
Les débats de Digital@UNGA WSIS+20 ont porté sur l’impact des technologies émergentes, la gouvernance numérique, les infrastructures publiques digitales et la construction de sociétés fondées sur l’information et la connaissance. Pour la secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin, le WSIS demeure essentiel pour maintenir le cap à l’heure du passage de la «société de l’information» à la «société intelligente», en rappelant que l’innovation doit répondre aux besoins humains avant de suivre la seule logique technologique.
L’événement a également mis en lumière Partner2Connect (P2C), coalition pilotée par l’UIT visant à accélérer la connectivité mondiale, notamment dans les zones les plus isolées. Cette plateforme de partenariats public-privé, structurée autour des 11 lignes d’action du WSIS, a déjà permis de mobiliser plus de 80 milliards de dollars, avec un objectif de 100 milliards d’ici 2026, traduisant la volonté de transformer les engagements politiques en actions concrètes.
Au-delà de la commémoration, WSIS+20 s’impose comme un moment charnière. La révision onusienne engagée les 16 et 17 décembre doit déterminer si le numérique mondial sera gouverné comme un bien public au service du développement et de l’équité, ou s’il accentuera les déséquilibres existants. Vingt ans après sa naissance, le WSIS n’est plus seulement un héritage : il est un test politique majeur pour l’avenir numérique de la planète.
Samir Méhalla
