Des propos virulents ont été prononcés contre Macron.
Nouvelle passe d’armes entre Macron, Retailleau et les autres figures de la droite française à propos de l’Algérie. Les relations entre Paris et Alger demeurent un sujet particulièrement sensible dans le débat public français, sur fond de désaccords migratoires, mémoriels et consulaires, régulièrement exploités par l’opposition.
La petite phrase assassine du président français Macron à l’égard de ceux qui souhaitent une rupture totale avec l’Algérie n’a pas laissé indifférents ses adversaires politiques, qui ont vite réagi au lendemain de sa déclaration.
Elle a même provoqué un certain remous au sein des grandes figures de cette mouvance politique, donnant lieu à des tirs groupés.
Trois grandes figures de la droite française ont immédiatement réagi à cette sortie médiatique de Macron, même si ce dernier a tenu à préciser qu’il ne visait personne. Mais ses propos ont visiblement touché leurs cibles, provoquant une onde de choc. Des propos virulents ont été prononcés contre Macron.
Avec l’intervention de Marine Le Pen, la polémique prend une nouvelle dimension politique, l’ensemble des droites accusant désormais Macron de disqualifier par l’invective les partisans d’un durcissement diplomatique envers l’Algérie.
Appel à un rapport de force avec Alger
Le premier à réagir, bien que son nom n’ait pas été explicitement évoqué, est Manuel Valls, partisan d’un bras de fer avec Alger. Invité hier de BFMTV-RMC, l’ex-Premier ministre socialiste et ancien ministre sous Emmanuel Macron s’est exprimé sur les relations franco-algériennes au lendemain de la critique du président Macron à l’égard des «mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie».
«Plutôt que d’invectiver, plutôt que d’insulter, plutôt que d’avoir un langage léger, il faut de la gravité et rétablir un rapport de force avec le pouvoir algérien», a défendu Valls. Il s’est montré sévère envers Macron sur ce dossier. «Les invectives ne remplacent pas les lignes politiques. Le Président a beaucoup trop donné aux Algériens, il n’a reçu que des insultes», a-t-il déclaré.
Se sentant particulièrement visé par les «mabouls» de Macron, Retailleau dénonce un «faux prétexte». Dans un communiqué, Retailleau a contesté l’argumentaire présidentiel, estimant que l’exemple des médecins étrangers relevait d’un «faux prétexte» visant à «dissimuler les vrais problèmes».
Il a recentré le débat sur la question des Obligations de quitter le territoire français (OQTF), affirmant que «le problème, ce ne sont pas les médecins algériens, mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France et que le régime d’Alger refuse de reprendre».
«Faux prétexte»
La réponse de Bruno Retailleau s’est articulée autour de plusieurs points. Il a accusé le président français d’utiliser la question des médecins algériens pour «dissimuler les vrais problèmes» dans les relations avec Alger. Il a ajouté que «le problème, ce ne sont pas les médecins algériens, mais les centaines d’OQTF (Obligations de quitter le territoire français) dangereux qui n’ont plus rien à faire en France».
Le président du parti Les Républicains a réaffirmé la nécessité d’instaurer un rapport de force avec l’Algérie, prônant notamment la dénonciation des accords de 1968, critiquant ce qu’il perçoit comme une soumission de l’Exécutif actuel. Retailleau a estimé que la sortie du chef de l’État «était une manœuvre politique pour ignorer les enjeux sécuritaires et migratoires réels», qualifiant les positions de Macron sur l’Algérie de «faiblesse».
Une «trumpisation» de la politique présidentielle
Enfin, Marine Le Pen a estimé que la sortie de Macron «est un signe de la trumpisation du chef de l’État», fustigeant «l’indignation indigne» du président français sur le sujet des médecins étrangers. Marine Le Pen a d’abord relevé la forme : «Il semblerait qu’il prenne modèle sur le président des États-Unis qui a un langage extrêmement cru», a déclaré la cheffe des députés du Rassemblement national à l’issue de la traditionnelle réunion hebdomadaire des présidents de groupes à l’Assemblée.
«Pour le fond, je trouve cette indignation indigne», a-t-elle ajouté, jugeant «tout à fait naturel de faire passer aux médecins étrangers un examen, au même titre d’ailleurs que les médecins français», afin de garantir à chacun «les soins de la meilleure qualité possible».
H. Adryen
