Le ministre du Commerce extérieur a plaidé pour une réforme en profondeur de la gouvernance économique mondiale, de manière à permettre à des régions comme l’Afrique de jouer un rôle accru dans la prise de décisions internationales.
Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a appelé, lors de la 16ᵉ session de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ouverte hier à Genève, à un renforcement de la coopération internationale afin de bâtir un système commercial mondial plus juste, plus ouvert et fondé sur le droit au développement. Intervenant à la réunion du Groupe des 77 + Chine, organisée en marge de la conférence, le ministre a souligné que «les pays du Sud sont aujourd’hui confrontés à de multiples crises qui affectent particulièrement les nations en développement», estimant que ces défis exigent des réponses collectives et solidaires. Il a plaidé pour une réforme en profondeur de la gouvernance économique mondiale, de manière à permettre à des régions comme l’Afrique de jouer un rôle accru dans la prise de décisions internationales. Dans son allocution, Kamel Rezig a réaffirmé l’engagement constant de l’Algérie en faveur de l’intégration africaine, notamment à travers des projets structurants dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et du numérique.
Il a insisté sur la nécessité d’une transition énergétique équitable et d’un recours accru aux technologies numériques comme leviers de réduction de la fracture Nord-Sud. «L’Algérie réaffirme sa volonté de poursuivre son action au sein du Groupe des 77 + Chine, convaincue que l’action collective constitue la voie à suivre pour bâtir un système économique international plus juste et équitable», a-t-il déclaré. Membre fondateur du Groupe des 77 + Chine, l’Algérie considère ce cadre comme un pilier de la solidarité Sud-Sud. Pour le ministre, la rencontre de Genève représente «une opportunité pour renouveler l’engagement en faveur des principes d’unité et d’action collective» dans un contexte mondial marqué par l’instabilité économique et géopolitique. Placée sous le thème «Forger l’avenir : œuvrer pour une transformation économique en faveur d’un développement équitable, inclusif et durable», la 16ᵉ session de la CNUCED réunit cette année les représentants de 195 pays membres, aux côtés de chefs d’État et de gouvernement, de responsables d’organisations internationales, d’économistes de renom, de lauréats du prix Nobel, ainsi que de membres de la société civile et du secteur financier mondial. Selon le rapport annuel de la CNUCED publié en juillet, intitulé «L’investissement mondial dans l’économie numérique», l’Algérie a enregistré une progression notable des investissements directs étrangers (IDE), atteignant 1,43 milliard de dollars, soit une hausse de 18 % par rapport à 2023. Ce regain d’attractivité de l’Algérie s’explique par une série de réformes ambitieuses et d’orientations stratégiques clairement définies, qui ont contribué à améliorer durablement le climat des affaires et à renforcer la confiance des partenaires étrangers.
Au premier rang de ces facteurs figure la nouvelle loi sur l’investissement, qui offre désormais une clarté juridique accrue et garantit une stabilité réglementaire aux investisseurs. Cette réforme établit un cadre plus lisible et plus sécurisé pour l’ensemble des acteurs économiques, nationaux et internationaux. S’y ajoute une politique active de diversification économique engagée par les pouvoirs publics, afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de stimuler des secteurs porteurs tels que l’industrie, l’agriculture, le tourisme et les énergies renouvelables. L’objectif est de bâtir une économie plus résiliente, capable de générer une croissance durable et inclusive.
Au service du développement
La position géographique stratégique de l’Algérie, au carrefour de l’Afrique et de l’Europe, constitue également un atout majeur. Cette localisation favorise les échanges régionaux et internationaux, d’autant plus que le pays s’appuie désormais sur des infrastructures modernisées : ports performants, réseaux de transport élargis et interconnexions énergétiques renforcées, facilitant la circulation des biens et des capitaux. Le dynamisme de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a aussi joué un rôle déterminant. En assurant un accompagnement efficace des investisseurs et en instaurant un climat de confiance, cette institution s’est imposée comme un acteur central de la stratégie de relance économique. La digitalisation des démarches administratives a, par ailleurs, contribué à fluidifier les processus. La mise en place de la plateforme numérique de l’investisseur illustre cette volonté de modernisation, en réduisant les délais et en simplifiant considérablement les procédures. Sur le plan continental, l’intégration régionale renforcée, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ouvre à l’Algérie de nouvelles perspectives d’exportation et de partenariats. Cette orientation confirme la place du pays comme acteur économique clé en Afrique.
Enfin, la richesse de ses ressources naturelles et la qualification de sa main-d’œuvre demeurent des atouts décisifs dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel. Ces éléments, conjugués à la stabilité politique et à la vision stratégique de l’État, expliquent la montée en puissance de l’Algérie sur la scène économique internationale. Cette performance prend un relief particulier dans un contexte mondial marqué par la contraction des flux d’investissements directs étrangers, freinés par le ralentissement industriel, la baisse des projets d’infrastructure, les tensions géopolitiques et l’instabilité politique.
Le rapport de la CNUCED met en garde contre une détérioration générale de l’environnement mondial des affaires et appelle à des politiques plus inclusives pour soutenir les pays en développement.
Islam K.
