Cette décision vise à garantir la continuité scolaire des enfants et à renforcer la protection du droit à l’éducation dans 19 pays touchés par les conflits.
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a annoncé la mobilisation de 8,8 millions de dollars pour soutenir l’éducation dans 19 pays touchés par les conflits. Cette initiative, portée sous la présidence algérienne du CPS pour le mois d’août, vise à garantir la continuité de l’apprentissage pour les enfants vivant dans des zones fragilisées par les crises.
L’annonce a été faite par Mohamed Khaled, ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, lors de l’ouverture de la session d’août du CPS, tenue au siège de l’organisation à Addis-Abeba. Les travaux étaient consacrés au thème «L’éducation dans les situations de conflit armé».
Dans son discours d’ouverture, le diplomate algérien a souligné que cette enveloppe financière permettra de renforcer les dispositifs de soutien à l’éducation dans les zones affectées par les violences afin d’éviter que des millions d’enfants ne soient privés de leur droit fondamental à l’apprentissage.
Il a rappelé que la protection de l’éducation constitue un enjeu majeur de paix et de stabilité, en protégeant les enfants contre les risques de recrutement, d’exploitation, de violences et de déplacements forcés, autant de facteurs qui compromettent les efforts de développement durable sur le continent.
Mohamed Khaled a également annoncé une initiative des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) destinée à fournir du matériel médical aux infirmeries scolaires des zones les plus vulnérables.
Les membres du CPS et les participants à la session ont appelé à renforcer la protection des écoles, des enseignants et des élèves, tout en réaffirmant l’importance du respect du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme.
Ils ont également insisté sur la nécessité d’assurer un financement durable de l’éducation en situation d’urgence et de renforcer la coopération africaine et internationale afin de garantir à chaque enfant un accès à une éducation sûre, inclusive et continue.
La rencontre a réuni plusieurs responsables de haut niveau de l’Union africaine, dont BankoleAdeyewu, commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Ama Tuum-Amoah, commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social, ainsi que le professeur Gaspar Banyankembona, commissaire à l’éducation, aux sciences, aux technologies et à l’innovation.
Ont également participé aux travaux Sabrina Kahar, présidente du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant, JenabaGani, envoyée spéciale de l’Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, Rebecca Amuge-Otingo, représentante permanente de l’Ouganda auprès de l’Union africaine et présidente de la Plateforme africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, ainsi qu’une représentante du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Les intervenants ont alerté sur la multiplication des attaques contre les établissements scolaires, l’utilisation des écoles à des fins militaires et l’augmentation du nombre d’enfants déplacés et réfugiés. Ils ont estimé que ces défis exigent une réponse africaine coordonnée, plaçant le droit à l’éducation au cœur des stratégies de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
Renforcer la sécurité des écoles
Les participants ont également examiné les progrès réalisés depuis le lancement du processus relatif à la sécurité dans les écoles en 2024 et étudié les moyens d’accélérer la mise en œuvre des engagements continentaux.
Les discussions ont mis en avant la nécessité de renforcer l’application de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, d’intégrer davantage l’éducation dans les plans de réponse humanitaire et de développer des solutions d’apprentissage flexibles pour les enfants touchés par les conflits.
Les participants ont également plaidé pour un accompagnement psychosocial renforcé et une mobilisation accrue des ressources financières afin de maintenir la continuité éducative dans les situations d’urgence.
À l’issue des travaux, le Conseil de paix et de sécurité a tenu une séance à huis clos consacrée à l’examen du document final et à l’adoption des principaux éléments du communiqué final. Celui-ci comprend plusieurs recommandations visant à améliorer la protection des systèmes éducatifs dans les zones de conflit et à renforcer la coordination entre les organes de l’Union africaine, les États membres et les partenaires.
Dans son intervention de clôture, Mohamed Khaled a réaffirmé que «la présidence algérienne du Conseil de paix et de sécurité continuera de renforcer les efforts africains pour protéger les enfants touchés par les conflits armés».
Il a souligné l’engagement de l’Algérie en faveur du droit des enfants africains à une éducation sûre, inclusive et de qualité, considérant l’éducation comme l’un des piliers essentiels de la prévention des conflits et de la construction d’une paix durable sur le continent.
R.N.
