«L’objectif est de promouvoir des partis organisés, responsables et capables de jouer un rôle structurant dans la vie publique», a précisé Abdelkader Toumi, président de la commission des affaires juridiques de la chambre basse du Parlement.
La commission des affaires juridiques, administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale (APN) poursuit ses auditions des partis politiques dans le cadre de l’examen du projet de loi relatif aux partis politiques. Un texte qualifié d’«essentiel pour réglementer et organiser la vie politique en Algérie». L’objectif annoncé est de renforcer la transparence, la responsabilité et la discipline au sein des formations politiques, tout en consolidant le multipartisme et la pratique démocratique.
Propositions des formations politiques
Les représentants du Front national algérien (FNA), du parti Tajamou Amel el Djazair (TAJ) et du Parti de la liberté et de la justice (PLJ) ont présenté leurs propositions pour enrichir le projet. Le FNA, par la voix de Berrabah Bentata, a notamment insisté sur l’adoption de la démocratie numérique via des plateformes sécurisées pour le vote des adhérents, considérée comme une mesure de modernisation de la participation interne au sein des partis. Le parti a également proposé la création d’une instance d’arbitrage interne indépendante, capable de résoudre les conflits internes, et la traçabilité financière des alliances politiques afin d’assurer la transparence dans le financement des campagnes communes. En complément, le FNA a suggéré de remplacer certaines peines privatives de liberté par des sanctions financières, afin de limiter les conséquences pénales liées aux irrégularités dans la vie partisane.
Lutte contre le nomadisme politique
Le PLJ, représenté par Omar Tamchichat, a mis l’accent sur la lutte contre le phénomène du nomadisme politique. Le parti propose qu’un élu ayant changé d’appartenance partisane durant son mandat ne puisse se représenter sous une autre bannière avant une période d’abstention, en conformité avec les nouvelles dispositions constitutionnelles. Il a également proposé la réduction du nombre de wilayas nécessaires pour créer un parti et la clarification du mandat du président d’un parti politique. Selon le PLJ, ces mesures visent à structurer la vie politique et à protéger la cohérence des programmes électoraux.
Renforcer la discipline interne
Pour sa part, le TAJ a souligné l’importance de ce projet dans l’organisation de la performance politique et la concrétisation de la volonté de l’État. Soraya Louz a salué la démarche du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à faire des partis politiques des partenaires actifs dans l’édification de l’Algérie nouvelle. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la démocratie au sein des structures partisanes, de lutter contre le nomadisme politique, de résoudre les conflits internes via des mécanismes purement partisans et de renforcer la discipline et la crédibilité de l’action politique.
L’accueil favorable des suggestions salué
Dans un second temps, la commission a auditionné le Mouvement Ennahda et le parti El Fadjr El Jadid. Mohamed Dhouibi, secrétaire général d’Ennahda, a mis en avant les efforts déployés par la commission pour intégrer les propositions des partis dans le texte final, qu’il a qualifié de «décisif pour l’avenir de la pratique politique et l’institution de partis fondés sur des programmes». El Fadjr El Jadid a également salué la prise en compte des observations soumises par les partis avant la présentation du projet au Parlement, considérant que cela renforçait la légitimité et la pertinence du texte.
Fondamentale pour le multipartisme et la démocratie
Le président de la commission, Abdelkader Toumi, a rappelé que ce projet constitue «un pilier fondamental pour l’ancrage du multipartisme, le renforcement de la pratique démocratique et la consécration de l’État de droit et des institutions». Selon lui, l’objectif est de promouvoir des partis organisés, responsables et capables de jouer un rôle structurant dans la vie publique. Les auditions ont permis de mettre en lumière l’intérêt des formations politiques pour la transparence financière, l’intégrité du système électoral et la modernisation de la participation interne, tout en affirmant leur engagement à faire évoluer la scène politique nationale.
Ce projet de loi intervient dans un contexte où le législateur cherche à encadrer strictement la vie partisane, à renforcer la discipline interne et à créer un environnement propice à une compétition politique loyale. Il s’inscrit dans une volonté de limiter les pratiques opportunistes, de garantir la cohérence des programmes des partis et de responsabiliser les élus vis-à-vis de leurs engagements. Les propositions avancées par les partis montrent également une attention particulière à la modernisation du fonctionnement interne des partis, en intégrant le numérique pour la participation et la gestion des instances.
En définitive, ces auditions témoignent d’une volonté claire de faire des partis politiques des acteurs structurants de la vie publique, capables d’assurer transparence, responsabilité et stabilité, tout en consolidant la pratique démocratique en Algérie et en préparant le terrain pour un multipartisme durable et crédible.
A. Mkhennef
