La FAO prévoit une production céréalière supérieure à la moyenne soit environs 5 millions de tonnes en 2026 grâce à des conditions météorologiques favorables.
«La production céréalière en 2026 est ainsi estimée à environ 5 millions de tonnes, soit près de 30 % au-dessus de la moyenne, ce qui constituerait la plus importante récolte céréalière depuis 2019», prévoit un bulletin de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
La même institution note que «la récolte des céréales d’hiver de 2026 a débuté à la mi-juin et devrait s’achever à la mi-août. Les conditions météorologiques sèches en début de campagne ont retardé les semis et limité le développement initial des cultures dans les régions productrices de l’ouest.
Toutefois, les précipitations abondantes enregistrées à partir de décembre 2025 ont permis aux cultures de se rétablir dans l’ensemble du pays».
«Dans les principales régions productrices du nord-est, notamment dans les wilayas de Constantine et de Skikda, les précipitations supérieures à la moyenne enregistrées entre janvier et avril 2026 ont été bénéfiques aux cultures durant les principales phases de leur développement, laissant entrevoir de bons rendements. Par ailleurs, les importantes quantités de pluie ont permis d’augmenter les niveaux des retenues d’eau, garantissant une disponibilité suffisante pour l’irrigation durant les phases reproductives», explique la même source.
De son côté, le département américain de l’Agriculture (USDA), plus précis, a estimé, dans ses dernières prévisions, la production céréalière algérienne à 4,65 millions de tonnes pour la campagne 2026, avec une progression attendue aussi bien pour le blé que pour l’orge.
L’USDA estime la production de blé tendre et dur à 3,2 millions de tonnes, soit une hausse de 7 % par rapport à la campagne précédente. Les superficies consacrées à cette culture sont évaluées à 1,8 million d’hectares. Pour l’orge, la production devrait s’établir à 1,35 million de tonnes, contre 1,2 million auparavant, soit une augmentation de 13 %.
Importations en hausse
Par ailleurs selon toujours la FAO, les importations de céréales de l’Algérie devraient se situer à 14,5 millions de tonnes durant la campagne commerciale 2026-2027. «Les besoins d’importation de céréales pour la campagne 2026/2027 (juillet-juin) sont provisoirement estimés à 14,5 millions de tonnes, un niveau proche de la moyenne», lit-on dans la publication de la FAO.
Selon la même source, «les besoins en importations de blé devraient atteindre 8,5 millions de tonnes, soit un volume légèrement inférieur à la moyenne, en raison notamment de la production nationale supérieure à la moyenne attendue en 2026. À l’inverse, les besoins d’importation de maïs sont estimés à 5 millions de tonnes, soit environ 10 % de plus que la moyenne des cinq dernières années», selon le même bulletin, qui souligne que «cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des besoins en aliments pour animaux du secteur de l’élevage».
Durant le premier semestre de 2026, l’Algérie a importé environ 3 millions de tonnes de blé (toutes catégories confondues). Pour l’ensemble de la campagne commerciale 2026-2027, les besoins totaux d’importation de céréales sont estimés par la FAO à 14,5 millions de tonnes, incluant notamment le blé et le maïs. Environ 3 millions de tonnes de blé ont été acheminées ou commandées au cours des premiers mois de l’année 2026.
L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a notamment conclu d’importants contrats d’achats, dont environ 800.000 tonnes en juin et 720.000 tonnes début août 2026. Sur ce marché, l’Algérie occupe la cinquième place parmi les principaux acheteurs.
Le pays a importé 1.145 .778 tonnes de blé tendre européen depuis le début de la campagne, contre 1.114.278 tonnes dans le bilan arrêté sept jours plus tôt. La hausse hebdomadaire dépasse ainsi les 31.500 tonnes. Cette progression d’une semaine sur l’autre ne doit cependant pas masquer la tendance de fond. Sur la même période de l’année dernière, l’Algérie avait acheté 1.954.410 tonnes de blé tendre auprès de l’Union européenne.
L’écart atteint 808.632 tonnes, soit un repli de 41,37% en l’espace d’une année. Cette baisse marquée s’explique avant tout par l’amélioration des perspectives de production céréalière nationale pour cette campagne.
Elle s’inscrit également dans une volonté plus large de réduire la dépendance algérienne aux marchés extérieurs, dans un contexte où la multiplication des crises géopolitiques continue de peser sur les cours des matières premières.
H.A
