La dernière session criminelle de l’année judiciaire 2025 s’est ouverte hier au siège de la cour d’Alger. Elle se poursuivra jusqu’au 31 décembre avec 278 affaires inscrites au rôle, impliquant plus de 350 inculpés actuellement détenus dans les établissements pénitentiaires d’El Harrach et de Koléa.
Ces dossiers portent sur des crimes graves : homicides volontaires, tentatives de meurtre, attentats aux mœurs, coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, entre autres délits majeurs. Tous les accusés devront répondre des faits retenus contre eux par la chambre d’accusation de la cour d’Alger.
21 affaires liées au terrorisme
Parmi les dossiers les plus sensibles, 21 affaires concernent des actes liés au terrorisme et à la sécurité de l’État. Les juges examineront notamment des cas d’appartenance à des groupes armés, de tentatives de dépôt d’explosifs au sein d’institutions publiques et privées, ou encore de projets visant à semer la panique parmi la population algéroise. Ces affaires seront traitées par 11 juges désignés par le président de la cour d’Alger, Mohamed Bouderbala, après consultation du procureur général Mohamed El Kamel Ben Boudiaf.
Faux, usage de faux, affaires de mœurs et délinquance
Les magistrats se pencheront également sur une vingtaine d’affaires de faux et usage de faux. Les prévenus sont accusés d’avoir fabriqué ou utilisé des documents administratifs, bancaires ou notariaux comportant des informations erronées. D’autres dossiers portent sur des attentats aux mœurs, avec des chefs d’accusation allant de la corruption de mineurs à l’exploitation sexuelle. Ces affaires, particulièrement sensibles, mobilisent des magistrats expérimentés. Les juges devront aussi examiner près de 60 affaires impliquant des jeunes âgés de moins de 22 ans, poursuivis pour création d’associations de malfaiteurs et trafic de drogue ou de produits psychotropes. Ce phénomène, en constante augmentation selon les autorités judiciaires, suscite une inquiétude croissante dans la capitale. Ces jeunes, souvent issus de milieux défavorisés, sont accusés d’avoir rejoint des réseaux structurés spécialisés dans la revente de stupéfiants.
Un rythme d’audience allégé
Contrairement à la précédente session criminelle, où chaque président traitait jusqu’à cinq affaires par jour, le rythme a été revu à la baisse pour garantir une meilleure qualité d’instruction. Chaque magistrat ne traitera désormais que deux affaires par jour, avec prononcé du verdict le jour même. Les présidents des chambres pénales, parmi lesquels Mmes Dahmani Naïma, Haddad Lynda, Mebbtouche Rokia, Maazouzi Fariza et MM. Hammiche Kamel et Sendid Mohamed, dirigeront les audiences du tribunal criminel de la deuxième instance. Parallèlement, les conseillers des différentes chambres pénales présideront les audiences du tribunal criminel de première instance, sis au tribunal de Dar El Beïda. Certaines affaires de cette session proviennent de renvois de la Cour suprême, qui a accepté les pourvois en cassation introduits tant par les inculpés que par les procureurs généraux. Ces recours concernent des décisions jugées irrégulières ou des acquittements contestés.
Le programme complet des audiences a été affiché dans le hall de la cour d’Alger, conformément aux instructions du parquet général. Cette mesure vise à faciliter l’accès à l’information pour les familles des détenus, leur permettant de connaître les dates d’audience et la composition des magistrats appelés à statuer. Cette session, la dernière de l’année judiciaire, s’annonce particulièrement dense et décisive, reflétant la volonté des autorités judiciaires de résorber le stock de dossiers criminels
R. H.
