Le pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed s’apprête à examiner, dans les prochains jours, une affaire mettant en cause un ancien cadre de la direction générale des Douanes. Ce dernier, qui occupait un poste clé au sein de l’institution, est poursuivi pour plusieurs délits, notamment transfert illégal de capitaux vers l’étranger et corruption. Selon les éléments de l’enquête, le mis en cause a été interpellé à la suite d’une souricière soigneusement préparée par les services de sécurité.
L’opération a permis de découvrir, dissimulée dans le pare-choc arrière de son véhicule de marque Peugeot 308, une somme en devises estimée à plus de 20 000 euros. Le suspect s’apprêtait, selon les enquêteurs, à faire sortir clandestinement cette importante somme du territoire national. Présenté devant le procureur de la République près le tribunal d’Alger, il a été placé sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach. Lors de son audition par le juge d’instruction, l’ex-cadre a catégoriquement nié les faits qui lui sont reprochés, aussi bien au stade de l’enquête préliminaire qu’au cours de l’instruction judiciaire. Il a soutenu qu’il s’agissait d’un «coup monté de toutes pièces» par d’anciens collègues animés, selon lui, par des motivations personnelles. Invité à expliquer la présence de la somme saisie dans le véhicule qu’il conduisait, le prévenu a déclaré avoir «emprunté la voiture à un ancien collègue» pour transporter son épouse à l’hôpital. Il a ajouté que le véhicule serait resté «toute une journée » entre les mains de cet ami avant l’arrestation. Convoqué à son tour pour être entendu, l’ancien collègue cité par l’accusé a rejeté ces déclarations, affirmant n’avoir «aucun lien avec cette affaire». «Il ne m’a jamais emprunté sa voiture. Je ne comprends pas pourquoi il me mêle à un dossier qui ne me concerne en rien», a-t-il déclaré devant le magistrat instructeur.
L’avocat de la défense, constitué pour assurer la représentation de l’ancien cadre, a introduit une demande de mise en liberté provisoire, laquelle a été rejetée par le juge d’instruction au regard de la gravité des faits reprochés et de la nécessité de poursuivre les investigations.
R.H.
