Le tribunal criminel de deuxième instance près la cour d’Alger rendra son verdict le 15 décembre dans une affaire de trafic de billets de banque impliquant deux jeunes hommes originaires de la capitale : un stagiaire et un étudiant, tous deux sans antécédents judiciaires. Les faits remontent au 22 septembre 2022, lorsque la section des recherches de la Gendarmerie nationale reçoit une information signalant l’activité d’un individu spécialisé dans la mise en circulation de faux billets à Chéraga. Alertés, les gendarmes dépêchent un enquêteur afin d’intercepter les suspects et récupérer les faux billets. Rapidement, l’agent prend contact avec le principal accusé, T. R., sans que ce dernier ne soupçonne qu’il s’agissait d’un policier en civil. Le policier lui fait croire que des personnes spécialisées dans la diffusion de fausse monnaie souhaitaient échanger 80 000 dinars en faux billets contre 10 000 dinars authentiques. T. R. accepte la proposition sans mesurer la gravité de l’acte.
Une souricière minutieusement préparée
Après en avoir informé sa hiérarchie, l’enquêteur met en place une souricière. Il demande à T. R. de préparer 40 000 dinars en faux billets et fixe le rendez-vous près du parc des Grands Vents, sur l’autoroute menant vers Tipasa. Comme convenu, le prévenu téléphone à l’agent pour l’informer que les faux billets étaient prêts, précisant que la somme se trouvait chez son complice, dans une enveloppe marron. L’agent se rend alors sur les lieux et procède à l’arrestation des deux suspects après avoir vérifié l’authenticité des billets, qui s’avèrent bel et bien être de la fausse monnaie. Munis d’un mandat délivré par le procureur près le tribunal de Chéraga, les enquêteurs perquisitionnent ensuite le domicile familial de T. R. Ils ont saisis entre autres, six feuilles scannées, une imprimante EPSON, deux ordinateurs portables (HP et LG), une unité centrale, un ciseau et trois CD.
Ouverture d’une information judiciaire
Deux jours plus tard, le procureur territorialement compétent requiert du juge d’instruction l’ouverture d’une enquête judiciaire pour mise en circulation de faux billets, conformément aux articles 197 et 198 du code pénal, et le placement des deux suspects à la prison de Koléa. Le juge d’instruction organise la confrontation entre les deux mis en cause. Les deux jeunes hommes nient les faits, en particulier K. Z., qui affirme avoir simplement accepté de garder une enveloppe pour son ami d’enfance sans en connaître le contenu. Il assure ne pas savoir qu’il s’agissait de faux billets. Face à lui, le principal accusé, T. R., soutient au contraire que son ami était parfaitement au courant du plan et tente de se dédouaner. Interrogé à plusieurs reprises, T. R. reconnaît néanmoins toutes les accusations portées contre lui. Il est important de rappeler que les deux prévenus avaient déjà été condamnés en 2018 par le tribunal criminel d’Alger (première instance) à des peines de 10 à 15 ans de prison ferme.
L’affaire revient aujourd’hui devant la justice après que la Cour suprême a décidé de casser le premier arrêt et de renvoyer les deux accusés devant une nouvelle composition du tribunal criminel, à la suite des pourvois déposés par leurs avocats.
R. H.
