Tewfik Hasni est expert en énergie. Membre de la première équipe ayant participé à la mise en marché du complexe GNL de Skikda, il revient dans ce bref entretien sur la symbolique du 24 févier.
Cresus.dz :Pourquoi le 24 février est-il une date symbole pour tous les Algériens ?
TewfikHasni: Le souvenir le plus important était la découverte que nous étions en train de relever un des plus grands défis, celui d’avoir pris une décision déterminante et existentielle pour notre pays. La nationalisation d’abord de 100% du gaz.
C’est pour cela que nous aborderons l’objectif visé par le président Boumediène en 1962. Il faut rappeler que la nationalisation des hydrocarbures a été le résultat d’une stratégie tenue secrète pendant 10 ans. L’objectif était, bien sûr, le recouvrement de notre souveraineté par la ressource la plus déterminante au plan économique, les hydrocarbures.
En fait, l’objectif était aussi de maîtriser la commercialisation de nos ressources naturelles en retirant la valeur ajoutée et en décidant de nos marchés. Il faut se rappeler de la décision humiliante du président Mitterrand qui en nous accordant un prix dit «politique» de 3$/MMBTU pour notre gaz, considérait cela comme un prix politique en faveur de l’Algérie.
C’est ainsi que le développement des usines de GNL d’Arzew sous la conduite d’un encadrement de cadres de Skikda, avec à sa tête votre humble interlocuteur, a permis à notre pays de devenir le premier exportateur au monde de GNL, et ceci pour des marchés
outre-Atlantique. Nous étions conscients bien sûr de l’ampleur historique de cette décision. La mort du président Boumediène a vu la fin de cette épopée.
Beaucoup considère la nationalisation des hydrocarbures comme une seconde indépendance. Quels impacts a eu cet évènement sur le pays ?
La souveraineté économique n’avait qu’un opposant majeur, à savoir l’ancien colonisateur. Notre reprise en main avait permis de constater que notre pays, qui avait retrouvé cette cohésion et cette solidarité, pouvait faire face à tous les défis. Toutes les régions du pays s’étaient retrouvées à Skikda. Il faut ajouter l’humilité de l’encadrement avec les jeunes. Cependant, le plus important était la confiance accordée par l’ensemble des pouvoirs jusqu’au sommet de l’Etat. Ceci met en valeur que la principale ressource reste les hommes.
Depuis 1971, le pays a vécu des hauts et des bas. Aujourd’hui, que reste-t-il de l’esprit du 24 février ?
L’esprit du 24 février 1971 continue de retentir dans toutes les aspirations politiques. Il est la preuve que le pays est en mesure de relever tous les défis. La cohésion sociale est le paramètre déterminant.
Entretien réalisé par S. Smati
