L’Organisation nationale des journalistes algériens (ONJA) a condamné, hier, avec la plus grande fermeté, le crime odieux commis contre les six journalistes palestiniens, tombés, dimanche dernier, en martyrs à l’ouest de la ville de Ghaza.
En effet, lors d’un rassemblement tenu, hier, à la Maison de la presse Tahar Djaout, auquel ont participé des personnalités politiques et des représentants de la société civile de divers horizons, le président de l’Organisation nationale des journalistes algériens ( ONJA), Slimane Abdiche, a d’emblée affirmé que «cette agression brutale contre la voix du droit et de la vérité constitue un crime de guerre à part entière, qui vient s’ajouter au sinistre palmarès de l’entité sioniste dans le ciblage des journalistes et des personnels des médias».
Slimane Abdiche : «La plume plus forte que les balles»
Et de souligner que «ces crimes représentent une violation systématique de la liberté de la presse et une tentative de faire taire la voix libre et d’empêcher de transmettre la vérité au monde, ce qui constitue une menace directe à l’essence même du travail journalistique et au droit humain d’accès à l’information». Face à cette atteinte à la liberté de la presse et au droit à l’information en zone de conflit, Slimane Abdiche a réaffirmé «le soutien absolu et inconditionnel des journalistes algériens à leurs confrères dans toute la Palestine occupée», en appelant à une «action urgente au niveau régional, international et onusien», afin de «mettre un terme à ces pratiques barbares et de protéger les journalistes et les civils sans défense». «Vous êtes le couronnement du sacrifice et du dévouement, vous êtes la voix de la vérité qui dénonce l’occupation, vous nous avez appris que la caméra est plus forte que la balle et que la vérité ne meurt jamais», a-t-il scandé face à la forte présence des représentants des médias. Dans un élan de soutien face aux conditions que subissent les journalistes palestiniens, le président de l’ONJA a poursuivi en indiquant : «Nous brandissons nos stylos et nos caméras pour la même cause, et nous vous disons depuis l’Algérie : ici, c’est Ghaza ; ici, c’est la Palestine; ici, votre voix résonne haut et fort».
Azzedine Al-Rantissi : «L’entité sioniste a visé la voix de la vérité»
Pour sa part, le responsable médias du Bureau de la représentation du mouvement de résistance palestinien Hamas en Algérie, Azzedine Al-Rantissi, a fait savoir que «l’occupation sioniste utilise une multitude de moyens et de procédés dangereux visant la liquidation de la cause palestinienne, dans le cadre d’un plan global qui cible l’existence palestinienne, et ce, en adoptant la politique de famine systématique, de nettoyage ethnique et de déplacement forcé». «Ce plan comprend la réoccupation de Ghaza par la force militaire et la destruction totale de l’infrastructure, tout en poursuivant le ciblage des journalistes pour les empêcher de transmettre la vérité et de mettre à nu les crimes commis contre les civils sans défense», ajoute le même responsable, qui a appelé la communauté internationale à «une action immédiate» pour faire cesser ces violations et demander des comptes à leurs auteurs.
Cheikh Yahia Sari : «Une tentative d’étouffer la liberté d’expression»
Interrogé par Crésus en marge de ce rassemblement, le vice-président de l’Association des oulémas musulmans algériens, Cheikh Yahia Sari, a estimé à ce sujet que «ces crimes représentent une violation délibérée de la liberté de la presse, une tentative d’étouffer la voix libre et d’empêcher la transmission de la vérité au monde, ce qui constitue une menace directe pour l’essence même du travail journalistique et pour le droit fondamental de l’humanité à l’information». Et d’ajouter que «ce rassemblement s’inscrit dans cette dynamique de protestation et de solidarité des journalistes algériens à l’égard de leurs confrères en Palestine occupée».
Invité à commenter l’assassinat des six journalistes palestiniens, dimanche dernier, suite à une frappe aérienne de l’armée sioniste, Cheikh Yahia Sari a indiqué qu’il s’agit d’une «tentative d’occultation de la vérité et de désinformation de l’opinion publique. Un crime qui s’ajoute au palmarès déjà bien rempli de l’occupation en matière de crimes contre l’humanité». Ce qui se passe à Ghaza, selon Cheikh Yahia Sari, «n’est pas une guerre ordinaire, mais un génocide diffusé en direct, que le monde n’aurait pas pu voir sans le courage des journalistes palestiniens qui ont payé de leur vie la parole et l’image».
Précisant en outre que si la vérité ne peut être bombardée, tuée ou enterrée, il a tout de même mis en exergue que «le fait de prendre pour cible les journalistes en Palestine n’est pas un événement isolé, c’est une déclaration de guerre à la vérité, une tentative désespérée de faire taire la liberté d’expression».
Ferhat Zafane
