Dans un contexte marqué par la montée des menaces transfrontalières dans la région sahélo-saharienne, les trois pays ont tenu à Tripoli, une réunion sécuritaire tripartite consacrée au renforcement du contrôle des frontières communes.
Une réunion sécuritaire tripartite s’est tenue mardi à Tripoli entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie, dans le cadre du groupe de travail chargé de la sécurisation des frontières communes. La rencontre a porté sur le renforcement de la coopération en matière de sécurité frontalière, la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, ainsi que la gestion de la migration irrégulière.
Cette rencontre, qualifiée d’« importante » par les autorités libyennes, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la coopération régionale face aux menaces transfrontalières. Les services de sécurité des trois pays sont confrontés, au niveau des zones frontalières communes, à plusieurs défis, notamment les flux migratoires irréguliers en provenance des pays d’Afrique subsaharienne, les activités de contrebande et les risques d’infiltration de groupes armés.
Selon un communiqué du ministère libyen de l’Intérieur, cette deuxième session intervient dans un contexte marqué par la volonté des trois pays de consolider la stabilité régionale et d’intensifier la coordination sécuritaire, notamment dans les zones frontalières désertiques particulièrement exposées aux trafics et aux infiltrations.
Cette réunion reflète la volonté des trois pays de consolider leur coopération sécuritaire commune et d’améliorer la coordination opérationnelle sur le terrain, a indiqué le vice-ministre libyen de l’Intérieur chargé des Affaires générales, le général de division Mahmoud Saeed.
Coordination renforcée face aux menaces transfrontalières
Les travaux ont porté sur le renforcement des mécanismes de coopération entre les services sécuritaires des trois pays, avec pour objectif de mieux contrôler les frontières communes et de lutter contre les réseaux criminels transnationaux.
Les discussions ont notamment concerné la lutte contre le trafic d’armes, de drogue et de marchandises, ainsi que la lutte contre le terrorisme dans les zones désertiques frontalières. La question de la migration irrégulière, alimentée par les flux en provenance d’Afrique subsaharienne à travers la Libye, l’Algérie et la Tunisie vers l’Europe, a également été abordée.
Un niveau de coordination élevé
Les autorités libyennes ont souligné que la coordination sécuritaire entre les trois pays a atteint un niveau avancé, notamment grâce à l’échange de renseignements et au partage d’expertises opérationnelles. Elles ont également insisté sur la nécessité de transformer les recommandations issues de cette réunion en mesures concrètes sur le terrain.
S’étendant sur des milliers de kilomètres à travers le Sahara, les frontières entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie constituent un espace stratégique majeur, à la fois corridor de circulation humaine et commerciale, mais également zone d’activité pour des réseaux criminels et des groupes armés.
Dans ce contexte, les trois pays considèrent la sécurisation de cet espace comme une priorité commune.
Plusieurs observateurs estiment que cette coopération tripartite pourrait constituer une étape vers une intégration sécuritaire plus large en Afrique du Nord, dans un contexte marqué par l’instabilité persistante en Libye et les défis sécuritaires dans la région sahélo-saharienne.
Pour rappel, la première réunion de ce groupe de travail s’était tenue en Algérie en janvier 2024. Elle avait déjà abordé des questions similaires liées à la sécurisation des frontières, à la lutte contre la criminalité transfrontalière et à la migration irrégulière.
La mise en place découle d’un accord conclu entre les ministres de l’Intérieur des trois pays visant à renforcer la coordination sécuritaire opérationnelle, à harmoniser les efforts de contrôle des frontières, à lutter contre la criminalité organisée transfrontalière et à faire face à l’immigration irrégulière.
Synthèse Smail R.
