Même si plusieurs États arabes ont officiellement condamné l’agression sioniste contre la bande de Ghaza, ils ont discrètement maintenu une étroite coopération militaire et de renseignement avec le régime sioniste.
A la veille du Sommet de paix, prévu aujourd’hui en Egypte lundi sous l’égide du président Abdel Fattah al-Sissi et de son homologue américain Donald Trump, le Washington Post et le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), viennent de lancer une «bombe médiatique». Se référant à des documents ayant fuité, la publication révèle que même si plusieurs États arabes ont «officiellement condamné» l’agression sioniste contre la bande de Ghaza, ils ont discrètement renforcé leur coopération sécuritaire avec l’armée de l’entité sioniste. Les mêmes documents révèlent la formation d’une alliance militaire israélo-arabe secrète sous contrôle américain, au moment où l’entité sioniste continuait de bombarder la bande de Ghaza.
Les documents divulgués, hier, par le quotidien américain font état d’un partenariat connu sous le nom de «Regional Security Construct». Ce partenariat englobant, selon les mêmes sources, le Qatar, Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, a été formé en 2022 sous la direction du Commandement central des États-Unis (CentCom) et a inclus des réunions et des entraînements communs portant sur des menaces régionales. Des réunions ont eu lieu notamment à Bahreïn, en Égypte, et même sur la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar, où des officiers de l’entité sioniste ont été, avec l’aval de Washington, dépêchés discrètement par avion pour éviter toute indignation publique, est-il mentionné.
Entraînement contre la guerre des tunnels
Selon le même rapport, ce «partenariat» s’est étendu jusqu’au 2025, dans un réseau défense aérienne commun visant à «contrer les missiles et drones iraniens», suite aux frappes de représailles pro-palestiniennes de la République islamique contre les territoires occupés et à l’agression conjointe de 12 jours menée par l’entité sioniste et les États-Unis contre Téhéran.
«Les documents montrent comment le plan de défense aérienne contre les missiles et drones iraniens, pièce maîtresse du partenariat, est passé de la théorie à la réalité au cours des trois dernières années», explique le rapport, ajoutant que l’entité sioniste et les pays arabes ont approuvé ce plan lors d’une conférence de sécurité en 2022, et ont accepté de coordonner des exercices militaires, rapporte la publication américaine.
Les réunions comprenaient des séances de formation dirigées par les États-Unis sur la détection et la destruction de tunnels souterrains, une tactique fortement utilisée par le Hamas. Des exercices ont eu lieu non seulement au Moyen-Orient, mais aussi sur des sites militaires américains tels que Fort Campbell, Kentucky, soulignant le rôle de Washington dans l’intégration des militaires israéliens et arabes. «En 2024, CentCom avait réussi à connecter de nombreux États partenaires à ses systèmes, leur permettant de fournir des données radar et de capteurs à l’armée américaine, et en retour, d’accéder aux données combinées des partenaires», ajoute-t-on.
Sensibilités et tensions diplomatiques
Selon The Washington Post, bien que les dirigeants de l’Égypte, la Jordanie, le Qatar et l’Arabie saoudite aient dénoncé l’agression génocidaire de l’entité sioniste, leurs armées collaborent simultanément avec Israël et les États-Unis sur des plans liés à une proposition de cessez-le-feu américain, prévoyant une participation arabe à la sécurité de Gaza après la guerre. Pire, environ 200 soldats américains doivent être déployés dans les territoires occupés pour appuyer cet accord, avec la participation attendue de plusieurs de ces États arabes. Néanmoins, cette «collaboration» aurait été suspendue après que ce système de défense aérien a prouvé ses limites suites à la frappe, le 9 septembre dernier, de l’entité sioniste sur Doha. Les systèmes antiaériens américains, Patriot, installés dans la région n’ont pas émis d’alerte précoce. Et pour cause, ils sont en général focalisés sur les menaces venant de l’Iran, au nord, ou des rebelles houthis du Yémen, au sud.
Coopération cybernétique et guerre de l’information
Les documents révèlent également des plans américains pour établir un «Centre cybernétique commun au Moyen-Orient» et un «Centre de fusion d’informations», visant à intégrer davantage les capacités de sécurité arabes et de l’entité sioniste. Un ancien haut responsable militaire américain, sous couvert d’anonymat, a déclaré que «ces engagements reflètent les relations pragmatiques des États arabes du Golfe avec Israël — et leur respect pour sa puissance militaire».
Synthèse Badis B.
