Alger et Niamey réaffirment leur convergence stratégique autour d’une vision commune : stabilité, développement et intégration régionale.
Dans un contexte régional sahélo-saharien marqué par des défis sécuritaires persistants, à savoir terrorisme, trafics transfrontaliers, traite des êtres humains et instabilité chronique des frontières, la coopération sécuritaire entre l’Algérie et le Niger s’impose, désormais, comme le socle prioritaire de leur partenariat bilatéral.
Lors de sa visite à Niamey, le Premier ministre Sifi Ghrieb a réaffirmé, devant son homologue nigérien Ali Mohamed Lamine Zine et le président de la République du Niger, Abdourahamane Tiani, la nécessité d’une coordination sécuritaire permanente, structurée et durable entre les deux pays. Les deux parties ont insisté sur l’importance d’une approche conjointe fondée sur la souveraineté des États, la concertation régionale et la primauté des solutions politiques face aux crises qui affectent la région.
Frontières sous contrôle
Cette dimension sécuritaire, considérée comme vitale, s’accompagne d’un renforcement des mécanismes bilatéraux de coopération opérationnelle, notamment en matière de surveillance des frontières, de lutte contre les réseaux criminels transnationaux et de partage de renseignements. Alger et Niamey ont également souligné que la stabilité du Sahel ne peut être dissociée d’une intégration régionale plus large, reposant sur des États forts, coordonnés et engagés dans une vision commune de sécurité collective.
C’est dans ce climat de convergence stratégique que s’inscrit la visite officielle du Premier ministre à Niamey, mandaté par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui place la coopération algéro-nigérienne au rang de partenariat structurant et multidimensionnel.
Une impulsion politique inédite
Au-delà du volet sécuritaire, les entretiens de haut niveau ont confirmé la solidité exceptionnelle des relations politiques entre Alger et Niamey. Les deux capitales ont salué la nouvelle dynamique impulsée par les échanges réguliers entre les chefs d’État et la tenue de la Grande-Commission mixte de coopération, devenue le principal cadre de pilotage des projets communs.
Les deux dirigeants ont exprimé leur satisfaction quant à la rapidité de mise en œuvre des engagements bilatéraux, traduisant un passage assumé de la phase de déclaration d’intentions à celle de la concrétisation effective sur le terrain.
Une centrale électrique livrée en avance
Moment fort de cette visite, l’inauguration de la centrale électrique de 40 mégawatts (2 × 20 MW) constitue une illustration concrète de cette nouvelle dynamique. Ce projet stratégique, initialement prévu pour décembre 2026, a été livré avec plusieurs mois d’avance, témoignant d’une coordination technique et politique jugée exemplaire.
Présenté comme un projet pilote de la coopération énergétique entre les deux pays, il marque le renforcement du partenariat entre les opérateurs nationaux, notamment Sonatrach et Sonidep, avec des perspectives d’élargissement vers l’exploration, la production, la maintenance et la formation.
Dans le prolongement de cette dynamique, plusieurs projets structurants ont été évoqués dans des secteurs clés : infrastructures, santé, enseignement supérieur, numérique et transports. Parmi eux, figurent la construction d’une clinique multiservices et d’un centre de dialyse à Agadez, ainsi qu’un institut islamique et une Maison de la presse à Niamey.
L’Algérie a également réaffirmé son engagement en matière de formation des compétences nigériennes, notamment dans la gestion des collectivités locales, la santé, la lutte contre les risques agricoles et la conduite d’engins spécialisés. Cette approche met en avant une vision de développement centrée sur le capital humain.
Création d’une zone franche frontalière
Les deux pays ont également abordé la nécessité d’accélérer les échanges commerciaux à travers la mise en œuvre d’un accord préférentiel, la création d’une zone franche frontalière et le renforcement des corridors logistiques, notamment via le port de Djendjen. Des projets de connexion ferroviaire et numérique figurent également parmi les priorités stratégiques.
Une vision commune pour la stabilité régionale
Dans un contexte sahélien en mutation, Alger et Niamey réaffirment leur convergence stratégique autour d’une vision commune : stabilité, développement et intégration régionale. Cette vision repose sur une coopération fondée sur le respect mutuel, la solidarité et le rejet de toute forme de dépendance ou d’ingérence.
En conclusion, cette visite du Premier ministre Sifi Ghrieb à Niamey consacre une étape supplémentaire dans la consolidation d’un partenariat algéro-nigérien qualifié de stratégique, ambitieux et tourné vers l’avenir, sous l’impulsion directe des présidents Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani.
Assia M.
