À moins de trois mois des élections locales du 28 novembre, les partis politiques algériens passent à la vitesse supérieure. Au-delà de la réorganisation de leurs structures, ils s’engagent désormais dans une véritable course aux candidatures. Objectif : étoffer leurs listes, attirer des profils extérieurs à leurs rangs et, surtout, éviter de se retrouver à court de candidats au moment du dépôt des dossiers.
La bataille électorale se joue donc déjà en amont du scrutin. Au niveau des états-majors, la priorité est à la constitution des listes. Les formations politiques cherchent des candidats capables d’incarner leur présence dans les communes et les wilayas, tout en répondant aux exigences de la loi électorale et aux attentes des électeurs.
Pour plusieurs partis, la solution passe par une ouverture au-delà des structures militantes traditionnelles. Des appels sont ainsi lancés aux citoyens désireux de se porter candidats. Une stratégie qui ne concerne pas uniquement les formations disposant d’une implantation locale limitée.
Le Front de libération nationale (FLN), l’une des principales forces politiques du pays, a lui aussi emprunté cette voie. À travers certaines de ses structures locales, le parti a relayé des appels aux personnes intéressées par une candidature. Il avait auparavant invité ses militants à s’impliquer dans la préparation du scrutin et lancé un appel aux compétences nationales jugées intègres pour rejoindre ses listes aux élections communales et de wilaya.
Le message est sans ambiguïté : il faut élargir le vivier des candidats et ne pas compter uniquement sur les militants de longue date.
Le Front de la justice et du développement (FJD) avait, pour sa part, pris les devants en ouvrant les candidatures avant même la convocation officielle du corps électoral. Un formulaire électronique avait notamment été mis à la disposition des candidats potentiels afin de recueillir leurs demandes.
Un véritable casse-tête territorial
Derrière la course aux candidatures se joue une équation arithmétique : les partis doivent couvrir un nombre croissant de circonscriptions tout en respectant les exigences de la loi électorale.
Le nouveau découpage administratif, adopté en avril 2026, porte à 69 le nombre de wilayas et à 1 541 celui des communes. Dans les Assemblées populaires de wilaya, les sièges passent de 2 004 à 2 855, soit 851 de plus, auxquels s’ajoutent 1 748 sièges dans les Assemblées populaires communales des circonscriptions promues au rang de wilaya.
Cette nouvelle carte impose donc un maillage territorial beaucoup plus dense. Mais le défi ne se limite pas au volume : selon l’article 176 de la loi organique relative au régime électoral, chaque liste doit comporter 6 candidats supplémentaires lorsque le nombre de sièges est pair, et 7 lorsqu’il est impair.
S’y ajoutent les critères de représentation : au moins un tiers de femmes — dans les communes de plus de 20 000 habitants —, la moitié des candidats âgés de 40 ans au plus et au moins un tiers disposant d’un niveau d’instruction universitaire.
Les partis doivent ainsi trouver non seulement suffisamment de candidats, mais des profils répondant simultanément à plusieurs critères et disponibles dans un grand nombre de territoires.
Le FFS mise sur le terrain et la décentralisation
Au FFS, la préparation des élections locales repose sur le travail de proximité. Le premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, appelle les militants à faire du scrutin une étape de «restauration de la citoyenneté», en consolidant les bastions du parti et en élargissant son implantation nationale.
Pour lui, la réussite passe par le travail de terrain, la discipline organisationnelle et un discours politique lisible. Il a également appelé les autorités électorales à un examen «rationnel» des listes, mettant en garde contre toute opération susceptible de décourager candidats et électeurs.
Au-delà du scrutin du 28 novembre, le FFS veut relancer le débat sur la décentralisation, notamment à travers une révision des lois sur la commune et la wilaya afin d’accroître les pouvoirs et les moyens des élus locaux. La bataille se joue donc d’abord dans la constitution des listes, avec l’enjeu de présenter des candidats capables de convaincre.
I. KH
