«Le scrutin local doit constituer une occasion de rétablir la citoyenneté et de rapprocher l’action politique du quotidien des citoyens», a souligné Youcef Aouchiche.
La préparation des élections locales du 28 novembre constitue, désormais, une priorité pour le Front des forces socialistes (FFS). Dans son discours d’ouverture de la session ordinaire du Conseil national du parti, hier, le premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, a appelé les structures locales et fédérales, les élus et les militants à engager dès maintenant la mobilisation en prévision de ce rendez-vous électoral.
Pour le responsable du FFS, le scrutin local doit être davantage qu’une simple échéance électorale. Il doit constituer une occasion de «rétablir la citoyenneté» et de rapprocher l’action politique du quotidien des citoyens.
Le parti entend notamment consolider ses positions actuelles, préserver ses bastions et élargir sa présence à l’échelle nationale. Youcef Aouchiche a, toutefois, insisté sur la nécessité d’un travail de terrain et d’une présence durable auprès des citoyens, au-delà de la seule période électorale.
«Le succès ne se réalisera pas par les slogans seuls», a-t-il souligné en substance, mettant l’accent sur l’organisation, la proximité avec les citoyens et la capacité du parti à porter un discours politique clair et convaincant.
Révision du cadre des collectivités locales
L’un des principaux axes développés par le premier secrétaire national concerne le fonctionnement des collectivités territoriales. Le FFS plaide pour une révision des lois relatives à la commune et à la wilaya, avec pour objectif de renforcer les prérogatives et les moyens des assemblées élues.
Le parti défend une décentralisation accrue, fondée sur davantage de compétences, de ressources financières et de capacités de décision pour les élus locaux. Selon Youcef Aouchiche, les collectivités ne doivent pas seulement se voir confier de nouvelles responsabilités, mais également disposer des moyens nécessaires pour les exercer pleinement.
Le FFS estime, par ailleurs, que l’administration doit accompagner les élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions plutôt que se substituer à eux.
Dans cette perspective, les élections de novembre sont présentées comme un enjeu à la fois politique et institutionnel, mais également comme un moyen de renforcer la participation citoyenne au niveau local.
Alerte sur le recul de la participation politique
Au-delà de la préparation des élections locales, le discours de Youcef Aouchiche a accordé une place importante à la question de la participation politique et au rapport entre les citoyens et les institutions.
Le premier secrétaire national du FFS s’est notamment appuyé sur les résultats des dernières élections législatives pour appeler à une réflexion plus large sur le niveau d’engagement politique dans le pays.
Dans son analyse, il s’est arrêté sur le niveau d’abstention enregistré lors de ce scrutin, qu’il estime proche de 80%, ainsi que sur le nombre important de bulletins nuls. Pour le FFS, ces données ne doivent pas être considérées uniquement comme des indicateurs électoraux, mais comme le signe d’un éloignement d’une partie importante de la population vis-à-vis de la participation politique et des mécanismes institutionnels.
Youcef Aouchiche considère ainsi que le faible niveau de participation constitue un sujet qui dépasse la seule question des résultats obtenus par les différentes formations politiques. Selon lui, il pose la question de la confiance accordée aux institutions représentatives et de la capacité du système politique à mobiliser les citoyens autour des échéances électorales.
Le responsable du FFS estime que cette situation doit conduire les différents acteurs politiques à s’interroger sur les raisons qui poussent une majorité de citoyens à ne pas prendre part au vote. Il a notamment associé cette abstention à un éloignement progressif entre les citoyens et la vie publique.
Pour le FFS, le défi consiste donc à rétablir un lien plus régulier entre la population et l’action politique. Le parti considère que la participation ne devrait pas se limiter au jour du scrutin, mais s’inscrire dans une relation permanente entre citoyens, élus, partis et institutions.
«Plus de politique»
Dans cette perspective, Youcef Aouchiche a défendu l’idée que la réponse au désengagement politique ne réside pas dans une réduction de l’espace politique, mais, au contraire, dans son élargissement. Il a insisté sur la nécessité de renforcer le débat public, la pluralité politique et les possibilités de participation citoyenne.
Le premier secrétaire du FFS a ainsi résumé son approche par l’idée que la société algérienne a besoin de «plus de politique, et non moins de politique». Il a précisé qu’il s’agit, selon lui, d’une politique fondée sur le débat, la proposition, la responsabilité et la participation des citoyens à la décision publique.
Il a également insisté sur le rôle des partis politiques comme espaces de débat et de mobilisation, estimant que leur action doit contribuer à rapprocher davantage les citoyens de la vie publique et des institutions.
I. Khermane
